Spectacle, musique

Broadway aux Nuits de Fourvière

La troupe de Broadway débarque à Lyon…
Quand Roméo et Juliette, dans le Bronx des années 50, investissent un vieux théâtre en ruines, autant dire qu’on en a plein les mirettes!

Pour lire cet article en musique, RDV sur Deezer et écouter la bande originale du film en suivant le lien.



West Side Story

Sur une idée originale de Jerome Robbins
Musique de Leonard Bernstein
Livret – Arthur Laurents
Paroles – Stephen Sondheim

Production originale mise en scène et chorégraphiée par Jerome Robbins
Originellement produit à Broadway par Robert E. Griffith et Harold Prince, en accord avec Roger L. Stevens


Pour commencer, imaginez un théâtre antique romain, à flanc de colline, dominant Lyon… Il fait quasiment nuit, la ville étincelle de mille lumières. Sur scène, un décor simple : à gauche comme
à droite, une structure en bois et en ferraille représente les arrière-cours d’une avenue new-yorkaise, dignes de celles que l’on peut voir dans les vieux films. Au fond, sur un écran géant sont
projetées des photos d’archives : des vues de New-York dans les années 1950.
Imaginez enfin devant la scène, en contrebas, un orchestre…
Quelques notes résonnent puis l’orchestre s’anime : une musique enlevée mais sourde, rythmée, quelques accords plus légers aux percussions. Entrent alors en scène deux bandes rivales : d’un côté
les jeunes Jets, blondinets aux t-shirts moulants et aux couleurs vives, aux muscles saillants, tout en force ; de l’autre côté, les Sharks, en noir et en rouge, à la peau plus mate, plus sombres
que les Jets. Les deux bandes se cherchent, se provoquent, se battent et s’affrontent pour savoir laquelle règnera en maîtresse absolue sur les rues de la Grosse Pomme… Natifs contre immigrés
portoricains. La paix n’a pas sa place. L’absence de dialogue confère à cette première scène une grande intensité dramatique. La danse et la musique deviennent ainsi des langages à part entière,
universels, intemporels. Afin de régler définitivement cette histoire de suprématie, les bandes conviennent d’un rendez-vous, après le bal du quartier. Les Jets font alors appel à Tony, un ancien
de la bande, vénéré par les nouvelles recrues. Ce dernier accepte de se joindre à eux, à reculons, dans l’espoir de régler pacifiquement le conflit. De même, chez les Sharks, Maria, la petite
sœur du leader Bernado, fraîchement débarquée à New-York, parvient à convaincre Anita (la bien-aimée du frère) de l’emmener au bal. Deux personnes qui n’auraient jamais dû se rendre au bal
s’immiscent dans une bataille qui n’était pas la leur…
Tony était persuadé que quelque chose de fort, de puissant même, allait lui arriver. Il ne s’était pas trompé. Au cours de la soirée, alors que les bandes s’affrontent une nouvelle fois, par la
danse, Tony et Maria se découvrent et se reconnaissent : l’amour éclot, éclate même, au grand dam des bandes adverses. On comprend alors que la tragédie est bel et bien installée et qu’un destin
funeste est en marche…


Tout comme sa source d’inspiration, Roméo & Juliette, West Side Story est une histoire universelle car on peut observer n’importe où des conflits d’intérêts, de couleurs ou
encore de familles, que ce soit à l’échelle de notre quartier ou de notre planète. C’est aussi une histoire intemporelle, car ces conflits persistent et ne cessent jamais… On a bien du mal à
tirer les leçons de nos erreurs ou de l’Histoire ! Enfin, universelle et intemporelle elle l’est car elle touche notre sensibilité et nous captive du début à la fin… Qui n’a jamais frémi à la
lecture ou la vision d’un Roméo & Juliette ?
Par ailleurs, cette comédie musicale (tragédie musicale conviendrait mieux) de Broadway a marqué le monde du spectacle, par sa forme et son fond, intrépide et audacieuse. Qui n’a jamais entendu
ou fredonné « America » ou « Somewhere » ? A noter, l’excellent et irrévencieux « Gee, Officer Krupke »…
Enfin, pour qui aime la danse, c’est un plaisir immense d’assister à une telle représentation ! Les talentueux danseurs de Broadway, les dialogues et les chansons en version originale (avec
sous-titres projetés, bien qu’on pourrait s’en passer), un orchestre en direct… En bref, Broadway comme si on y était !



 

 

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