Poésie

Le mélange des arts

Troisième dimanche en poésie…
Il y a quelques années j’ai visité une exposition des sculptures de Rodin à Munich (Allemagne). C’était absolument magnifique: on pouvait admirer ses bronzes, mais aussi ses esquisses, ses croquis,
en bref ses travaux de recherches. Je suis tombée en arrêt devant l’une de ses sculptures: La Méditation. Cette dernière était légendée (tout en les illustrant) de quelques vers baudelairiens.
C’est ce poème de Baudelaire que j’aimerais partager avec vous aujourd’hui.

# 3 – Dimanche en poésie

                    XVII
                La Beauté

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris ;
J’unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d’austères études ;

Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal, XVII (1857)



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