Bande dessinée

Le désespoir du singe…

Il y a peu je vous ai parlé de la BD Autour de Kate, signée Cric & Efix. Dans cet album a participé Alfred, génial dessinateur et ami des deux auteurs. Je
« connais » Alfred depuis que j’ai découvert
Abraxas (Corbeyran au scénario). J’avais été séduite à la lecture par le talent du monsieur, à tel point que quand je suis tombée sur une
série signée Alfred à la bibliothèque, je n’ai pas hésité une seconde! Séduite, je vous dis…





Le Désespoir du singe
Tome 1 – La nuit des lucioles
Tome 2 – Le désert d’épaves

Scénario: Peyraud
Dessin: Alfred
Couleurs: Delf
Ed. Delcourt, 2006-2007

Résumé
Un non lieu, un futur (ou un présent? un passé?) dévasté. Une nature « amputée ». Une petite ville au bord d’une mer intérieure. Des bateaux semblables aux nôtres. Des maisons semblables aux
nôtres. Des habitants. Un air du XIXe siècle, du XXe siècle. Des robes longues. Du cubisme. Un air de Turquie, aussi. Et une milice, créature mi-humaine, cruelle, terrifiante avec ses dents
pointues, ses yeux rouges perçants. Des airs de dictature…
C’est dans ce décor, à la fois beau et hostile, que Josef évolue. Jeune et vigoureux, il hésite encore à prendre la relève de son père dans l’entreprise familiale de bateaux. Il hésite
aussi à s’engager véritablement avec Joliette. Il noie ses doutes et ses peurs dans l’alcool, auprès de son meilleur ami, Lazlo, et de sa cousine, Edith, deux esprits libres,
ouverts, provocateurs, avant-gardistes en somme. Alors que la répression se fait de plus en plus dure, que les révoltes contre le pouvoir en place se durcissent elles aussi, Edith, Lazlo et Josef
se retrouvent pour une chasse aux lucioles. Josef rencontre alors Vespérine, belle intrigante et rebelle… Le coup de foudre est réciproque, mais leur amour impossible.

« Tu vois cet arbre, Josef? On le surnomme « le désespoir du singe » car il ne laisse aucune prise à l’escalade. Notre liaison est comme cet arbre. Elle ne peut se
laisser envahir par les sentiments. »

Mon avis
Encore une belle découverte! L’histoire est prenante, riche en rebondissements et en émotions. On ne lit pas seulement une histoire d’amour, mais aussi un monde qui tourne
mal
(la Nature périt, les hommes aussi et la cruauté règne) et l’émancipation d’un jeune homme confronté à ses choix: vivre ou mourir, accepter une dictature ou se battre, raisons
familiales ou raisons passionnelles (quel bel oxymore!), etc. On suit aussi son chemin vers l’Inconnu, tant amoureux que géographique: il découvre des mondes, apprend sur lui et sur les autres,
est confronté à ce qu’il prenait pour des vérités (et qui n’en sont pas), etc. Les histoires secondaires étoffent l’intrigue principale et sont, elles aussi, touchantes (j’ai adoré le personnage
intrépide et fantasque d’Edith, j’ai été touché par Lazlo).
J’ai beaucoup apprécié l‘univers créé par Alfred, presque « burtonien » (L’Etrange Noël de Monsieur Jack, Les Noces funèbres par exemple): un fantastique assez noir, un dessin à la
fois dur et souple, démesuré et poétique… Un peu comme si on pénétrait dans un rêve (ou un cauchemar), un monde personnel… toujours avec plaisir.

En bref: à lire!

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7 réflexions au sujet de « Le désespoir du singe… »

  1. cette bande dessinée me plait bien! je note!
    le nom m’a tt de suite fait penser à l’arbre! et en effet, tu es parles! lol
    bonne journée 😉

  2. Les couvertures donnent envie d’aller voir plus loin et de se plonger dans la lecture ! Je profite moi aussi de la bibliothèque municipale pour faire de jolies découvertes 🙂

  3. Je note, je note…
    Marie, il va falloir que tu envisages de me prêter des livres, car là, vu toutes les lectures que j’amasse sur ton blog, je vais me ruiner !!

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