Littérature

RDV au 84, Charing Cross Road

Au cours d’un swap (j’avoue ne plus savoir lequel), j’ai reçu le livre d’Helene Hanff, 84, Charing Cross Road. Je ne connaissais alors pas l’auteur, encore moins son oeuvre. Pourtant, la quatrième de couverture présentait l’ouvrage comme faisant « l’objet, depuis les années 1970, d’un véritable culte des deux côtés de l’Atlantique ». J’étais bien embarrassée de mes lacunes culturelles! J’y remédie cependant…
Quand j’ai vu que Bladelor proposait ce titre dans ses lectures communes, je n’ai pas hésité…
Lecture programmée pour le 15 novembre. Le 15, c’est aujourd’hui et c’est un dimanche, exceptionnellement il n’y aura pas de poésie…



84, Charing Cross Road

Helene Hanff

Première édition, 1970
Le Livre de poche (Ed. Autrement), 2004

Résumé

En octobre 1949, depuis New-York où elle exerce difficilement sa passion pour l’écriture, Helene Hanff entame une correspondance avec Frank Doel, libraire londonien de l’enseigne Marks & co. La jeune femme se montre exigeante et recherche de belles éditions, rares et bon marché. Frank se plie en quatre et répond à ses attentes. Au fil de leurs échanges, au fil des années, Helene, Frank et leurs proches construisent une relation privilégiée, teintée de générosité, d’humour et d’amour.

Mon avis

84, Charing Cross Road se lit rapidement. Au fil des lettres, on construit l’univers d’Helene: on l’imagine assez facilement dans son petit appartement, lisant et relisant les livres envoyés par Frank, résistant aux difficultés de son métier avec courage et volonté. De la même manière, on voit le libraire et ses associés regroupés autour des lettres de l’Américaine… Bien que courtes et peu détaillées, les lettres sont tellement « vraies » qu’elles portent en elles leurs univers, leur epistolier. On croirait « connaître » Helene, Frank et sa famille…
Par ailleurs, tout comme dans Un Homme à distance de Katherine Pancol, c’est un plaisir de lire des échanges passionnés autour de la littérature. La curiosité d’Helene attise la nôtre, son appréciation des belles éditions interroge notre goût…
Enfin, au cours de l’échange épistolaire qui s’étend sur près de vingt ans, se dessinent l’Angleterre et les Etat-Unis d’après-guerre: on mesure les souffrances des familles, la faim et la pauvreté…

Trois bonnes raisons de lire 84, Charing Cross Road:
– une recette alléchante du Yorkshire Pudding;
– une success story comme on les aime, culte depuis plus de trente ans;
– une correspondance passionnée autour de la littérature.

Les avis de:
Bladelor, Cynthia et Gio, très mitigés;
Lili, plus emballée.

Extrait d’une interview donnée au New York Times (1982):
« Et vous, vous y croiriez? J’ai passé vingt ans à écrire des pièces que personne n’a jamais voulu produire et voilà qu’au moment où je suis sur le point de prendre ma retraite, quelqu’un fait soudain un spectacle à partir d’une correspondance que j’ai écrite il y a maintenant trente ans. »

Extrait d’une interview donnée à Newsweek (1987):
« Ce qui m’est arrivé ces dix dernières années est proprement incroyable. Des fans, à travers le monde entier, me considèrent comme une amie! A Londres, pour les quelques lettres que j’ai écrites, il y a, à l’emplacement de la librairie, une plaque de cuivre avec mon nom dessus! Si je reste convaincue que je suis un écrivain sans culture, ni beaucoup de talent, j’ai tout de même aujourd’hui une plaque qui m’est dédiée sur l’un des murs de Londres! Qui donc oserait rêver une histoire pareille? »

Helene Hanff affirme à plusieurs reprises ne pas aimer les fictions (celles de Jane Austen exceptées), parce que le lecteur ne peut croire qu’à ce qui a été vu ou vécu par l’auteur. Avec 84, Charing Cross Road, aucun doute, on y croit!

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21 réflexions au sujet de « RDV au 84, Charing Cross Road »

  1. Yueyin me l’a offert il y a peu. J’ai vu qu’Hathaway et Lounima l’avaient programmé pour la semaine prochaine. J’essaierai peut-être de les rejoindre à cette date 😉

  2. Un roman que j’ai lu il y a peu de temps, et j’avais vraiment aimé, j’ai été touchée par ces références constantes à la littérature.

  3. Il y a quelque chose de zen dans ce livre. Cette époque où les lettres devaient traverser l’océan, la patience qu’il fallait, etc. C’est un excellent souvenir de lecture…

  4. Je participais aussi à cette lecture commune 😉
    Je viens de publier mon billet et je me rends compte que je l’ai beaucoup moins aimé que toi :/

  5. Hum ! Et bien moi je n’y ai pas cru une seconde, je me sens en total décalage avec cette admiration générale des lecteurs pour une oeuvre qui m’a laissée indifférente !
    Merci pour cette lecture commune !

  6. Y’a eu du changement ici !
    je dois lire ce livre avec Hathaway pour la fin du mois… nous confronterons alors nos avis ! 😉

  7. Pas trop tentée par ce livre… Surtout si on le compare avec Un homme à distance dont l’histoire m’a laissée plus que septique !

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