Phrase du jour

A propos des femmes… – Partie 2

Après un premier extrait ici et un second par , je poursuis ce petit historique littéraire et social sur la gent féminine.

Un saut dans le passé et nous voici au temps de l’Empire romain et du grammairien Aulu-Gelle, au Ier siècle après J-C.
A cette époque, les femmes sont soumises au Pater familias, c’est-à-dire qu’elles sont soumises à l’autorité du père, puis du mari (« bonne à marier » dès l’âge de douze ans!). Elles ont peu de droits et restent politiquement mineures toute leur vie. En fait, leur rôle est principalement celui de « mère ». Cependant, elles ont la possibilité de s’émanciper; mais alors, elles perdent non seulement leur foyer mais aussi la protection des dieux de leur famille. Choix difficile…

Lors de séjours à Athènes, Aulu-Gelle a écrit de nombreuses notes et rapporte une anecdote au sujet de Socrate (Ve siècle avant J-C).
A Athènes, à l’époque du philosophe, la femme est déjà une « éternelle » mineure sans droit politique ou juridique, toujours soumise à l’autorité de l’homme (père, mari, voire fils). En gros, l’existence la femme se « résume » à l’éducation des enfants et son univers se restreint à la maison. Un peu plus tard, des femmes comme Bérénice sortiront de l’ombre… Ouf!

Femme assise jouant de la cithare (Fresque de la Villa de P. Fannius Synistor à Boscoreale, ca 40-30 av. J.-C.)

Après cette brève contextualisation, passons à cette petite anecdote, un tantinet satirique…

« La poison »

On raconte que Xanthippe, l’épouse du philosophe Socrate, était très acariâtre et querelleuse, jour et nuit, de façon toute féminine, elle était continuellement de mauvaise humeur et difficile à vivre. Alcibiade exprima son étonnement à son mari à propos des caprices de celle-ci et demanda à Socrate pour quelle raison il ne renvoyait pas de chez lui une femme si revêche. « Parce que, répondit Socrate, en supportant patiemment une telle femme chez moi, je m’accoutume et m’entraîne à accepter plus facilement l’impudence et l’injustice des autres aussi, à l’extérieur. » D’accord avec cette idée également, Varron, dans une satire Ménippée qu’il écrivit à propos du devoir du mari, dit : « Celui qui élimine ses défauts, possède une épouse plus plaisante; celui qui les supporte, progresse pour lui-même ».

AULU-GELLE, Les Nuits attiques, 1,17.

L’idée de Varron est aujourd’hui plus connue sous la sentence suivante qu’on attribue à Socrate:

Dans tous les cas, mariez-vous. Si vous tombez sur une bonne épouse, vous serez heureux. Si vous tombez sur une mauvaise, vous deviendrez philosophe, ce qui est excellent pour l’homme.

Le jeudi, c’est citation est initié par Chiffonnette.

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20 réflexions au sujet de « A propos des femmes… – Partie 2 »

    1. Tout de même, les choses évoluent un peu… A la radio, hier, j’ai justement entendu une sociologue affirmer que les femmes passent 10 minutes en moins, et par semaine, au travail domestique. A l’inverse, les hommes consacrent (seulement) 15 minutes au travail domestique… Allez, on y croit! Le partage des taches existe! ^^

  1. Si cela a perdu un peu de sa vraisemblance quant au statut de la femme de nos jours, il me semble que dans notre monde actuel, cela peut s’appliquer à toutes les relations humaines, notamment celles qui nous sont imposées pour une quelconque raison.

    1. Malheureusement, oui….. Je crois toujours que ça peut s’arranger, mais force est de constater qu’il y aura toujours des rapports de domination, d’humiliation, etc…

    1. Disons que la société évolue dans quelques domaines: les femmes ont le droit de voter, elles sont considérées comme des citoyennes, elles ont accès au travail… Mais, comme tu le dis, si on regarde dans les détails, les injustices sont énormes: les femmes ont accès au travail, certes, mais il faut voir dans quels domaines et à quel échelon… Elles ont droit à leur journée (8mars) mais pour quelles raisons? Un peu comme un animal en voie de disparition, persécuté…
      En fait, il y a « en apparence » une évolution, mais les injustices et les préjugés persistent. Je te rejoins… et c’est malheureusement ce que j’ai répondu à un autre commentaire: « notre société n’évolue pas tant que ça »…
      Incroyable, non? A un siècle qui se revendique protecteur de l’Homme, en pleine Evolution, les rapports humains en général ne changent guère…

  2. La mysogynie est toujours très présente aujourd’hui mais dans nos pays occidentaux, nos chers machos commencent tout juste à avoir honte de l’affirmer… 😉

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