Bande dessinée

Gloria sans gloire

Il y a quelques semaines, Babelio lancait l’opération Masse Critique de la Rentrée littéraire. A cette occasion, j’ai eu la chance de recevoir deux livres, dont une BD.
Dans la vague des Pénélope, Margaux et autre Joséphine, Gloria affiche ses quarante printemps et sa vie de mère célibataire aux éditions Delcourt (maison dont la réputation n’est plus à faire)
. Voilà qui est prometteur…

Gloria va à l’essentiel

Marianne Maury Kaufmann

Delcourt, 2010


Gloria, la quarantaine bien trempée, est une femme seule mais une mère comblée: son adolescent de fils, qu’elle surnomme Doudou, lui offre les plaisirs de l’âge ingrat… Et si ce n’est pas son fils, c’est sa mère qui lui fait voir tout un arc-en-ciel de couleurs! Heureusement, Gloria peut toujours compter sur ses copines et… le shopping, bien entendu!

Que dire? … Gloria ne mérite pas son nom… Certes, elle reste zen et plutôt sympathique, mais quel manque de personnalité! Elle n’est pas très intéressante, trop superficielle: seul le shopping et son fils Doudou bornent sa vie… (Et, entre nous, surnommer son ado Doudou, c’est un peu ridicule et bien trop infantilisant!) En bref, on s’ennuie rapidement tant on a l’impression de lire et relire les mêmes scènes. Les personnages secondaires, qui pourraient pimenter ces pages, sont également bien effacés… Cela dit, « Doudou » représente assez bien l’ado type: dans sa bulle, peu ouvert au dialogue mère/enfant.
Qu’est-ce qui pourrait sauver cette BD? L’humour. C’est précisément le ton de ce genre de BD… mais ici, à peine sourit-on… Les scènes se prêtent pourtant à de bons quiproquos ou au second degré. Pour autant, le dessin et les mots font défaut: les répliques manquent de piquant. Et l’humour s’évapore… Dommage. Sans doute est-ce la volonté de plaire au plus grand nombre, de ne pas choquer (Gloria est publiée dans la presse)…?
Qu’est-ce qui pourrait encore sauver cette BD? Le dessin. Mais non… Même si ce sont des scénettes d’une page, avec leurs exigences et un style souvent minimaliste (pour aller à l’essentiel), le charme n’opère pas: le dessin est le plus souvent maladroit, voire négligé… Quant aux décors, un ou deux objets les habillent, quand ce n’est pas le vide… Trop minimaliste? Sans doute.

En bref, je n’ai pas accroché, à peine un sourire ou deux… Peut-être ne fais-je pas partie du public ciblé? Dans quelques années peut-être… En attendant, je préfère les Margaux et les Pénélope, plus « réalistes », représentatives d’une génération trentenaire (ou approchant de…!).

Peut-être connaisez-vous déjà Gloria? Elle figure dans Version Femina, le supplément presse du dimanche.

Merci à Babelio pour cette découverte!

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11 réflexions au sujet de « Gloria sans gloire »

  1. Hey! revigorante, cette critique!!
    Je dessine et scénarise les aventures de Gloria, bonjour!
    Je voudrais juste rassurer: je me contrefous de l’avis de la « masse des gens », je fais exactement ce qui me plait, me contente d’avoir du bonheur quand certaines personnes auxquelles ça fait plaisir de retrouver la ptite dans les pages de leur journal, me gratifient d’un mot sympa et me confient que Gloria les fait rigoler, dans ce monde con et agressif.
    Bonne continuation, bonnes lectures
    Marianne

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