Mr Fox, le retour! He's really fantastic!

Mr Fox, le retour! He's really fantastic!

Après le roman, son adaptation cinématographique!


Fantastic Mr Fox

Wes Anderson

Etats-Unis, 2010
Avec les voix de George Clooney, Meryl Streep, Jason Schwartzman, Willem Dafoe…

Synopsis
Au cours d’un vol, Mr Fox et Mrs Fox se font piéger. C’est à ce moment-là que la renarde annonce à son mari qu’elle est enceinte… 12 années renard plus tard, on retrouve la petite famille. Mr Fox a changé de travail: fini les vols, bonjour la Presse! A présent, il veut changer d’habitat et choisit un magnifique terrier sous un grand arbre, sur une colline. Mais dans la vallée, les terribles fermiers, Boggis, Bunce et Bean, veillent sur leurs poules, canards et pommiers… Que de tentations pour le Maître des ruses! Le rouquin pourra-t-il y résister?

Avis
Voilà une adaptation qui n’a rien à envier à son original!
Le Fantastique Maître Renard de Roald Dahl a été entièrement revisité et Wes Anderson propose ici un conte plus riche et plus pertinent, aussi.
Tout d’abord, la famille de Renard est « modernisée », contemporaine: figure passive et soumise chez Roald Dahl, Mrs Fox s’impose ici et n’hésite pas à « recadrer » son mari. Certes, elle ne travaille pas, mais elle ne manque pas de caractère, de fougue, et de séduction. De même, le couple n’a pas quatre enfants. Fini les familles nombreuses! Mr Fox et Mrs Fox n’ont qu’un enfant, et c’est déjà assez! Ash est en effet en pleine crise d’adolescence: « différent » des autres, petit et gauche, il est bourré de complexes et se compare, pour sa plus grande peine, à son père (un fier renard!). Les choses empirent quand débarque Kristofferson son cousin, renard « accompli » et talentueux. Vous l’aurez compris, les enfants occupent eux aussi plus de place dans cette version.
Les autres animaux sont également étoffés, des personnages sont même créés et accompagnent Renard tout au long de ses aventures, tel que Kylie l’opposum qui, par sa gaucherie, son caractère soumis et gentil, naïf, sert de faire-valoir à Renard. Mention spéciale au Rat, ennemi de Renard… et superbement mis en valeur par la voix de Willem Dafoe. Inquiétant, sournois, vil… On plonge en plein western à chacune de ses apparitions.
Enfin, les aventures de Renard sont complexifiées et transposées à plus grande échelle: le conflit ne se limite pas au bois mais s’étend jusqu’à la ville… Ainsi, le propos « écologique » prend davantage d’ampleur. Mais le fond reste le même: à détruire la Nature, à devenir cupides et vénaux, les hommes le paieront cher (pensez à la peinture de « guerre » dans le bureau de Blaireau). Les pistes de discussions restent aussi les mêmes: qui est pris qui croyait prendre, bien mal acquis ne profite jamais (longtemps), l’union fait la force, etc. A ces pistes, ajoutons celles citées plus haut: les liens familiaux, l’adolescence, la difficulté d’être soi et de s’accepter, etc.
Que dire du choix du réalisateur? Refus de la 3D numérique, quel bon choix! Les personnages sont en fait de petites marionnettes qui évoluent des décors façon maison de poupées et tout a été tourné image par image. C’est un peu déroutant au départ mais on s’habitue vite. En outre, ce choix offre un petit côté « rétro » au film qui, loin d’être déplaisant, plonge le spectateur dans un autre univers, à la fois réaliste et enchanteur, proche de l’enfance…

♥♥♥ Trois bonnes raisons d’aller voir Fantastic Mr Fox:
– Un film d’aventures drôles et rusées qui, à l’instar de sa source, ouvre la porte de multiples réflexions sur les rapports de l’Homme et la Nature, mais aussi sur la Famille.
– Des personnages savoureux: Renard en costume haute-couture, avec la voix de George Clonney et une gestuelle vraiment classe! Un Renard dans la plus pure tradition (AOC!)…
– Un film d’animation réussi: des marionnettes « humaines »! Et un mélange des genres qui donne une dynamique au récit: comédie, aventure, western, épopée… Tout y est!

Et une quatrième raison: la bande son est géniale! Pour un peu, on danserait sur nos sièges.


La bande-annonce:

Et voilà mon défi Lunettes noires sur pages blanches accompli! Et de un!
Enfin, il est probable que d’autres romans/adaptations suivent dans le cadre de ce défi…

Je concours aussi pour le Challenge Roald Dahl de Liyah… Et il y aura probablement d’autres participations à venir!

L.I.B.E.R.T.E, Liberté, Gatlif écrit ton nom

L.I.B.E.R.T.E, Liberté, Gatlif écrit ton nom

Pour lire cet article en musique, écoutez la bande originale du film.


Liberté

Tony Gatlif

Avec: Marc Lavoine, Marie-Josée Croze, James Thiérrée, Thomas Baumgartner, Kevyn Diana, etc.
Année de prod.: 2008
France

Coup de cœur!


Synopsis
Des barbelés qui vibrent au son d’une musique émouvante et un mot: Liberté.
France, 1943. Alors qu’elle sillonne les bois, lentement, aux aguets, pour ne pas se faire entendre des Allemands, une famille de gitans recueille P’tit Claude, un orphelin de la guerre. Le petit garçon se prend d’affection pour Taloche, un tzigane excentrique et fantasque. Mais, la présence ennemie contraint la famille à faire demi-tour. Elle retourne donc au dernier village où elle avait établi son camp. Là, Théodore, vétérinaire et maire du village, apprend aux gitans qu’un nouveau décret interdit le nomadisme. Toute personne circulant librement pourra être arrêtée. Les gitans installent leur camp, réveillant ainsi les peurs, l’animosité des villageois. Ou la bienveillance, à l’instar de Mlle Lundi, l’institutrice, qui souhaite apprendre à lire et à écrire aux enfants tziganes… Ou la haine, comme M. Pentecôte, ancien ami, nouvel ennemi…

Avis
Voilà trois semaines que j’ai eu la chance de voir ce film, en présence de Tony Gatlif et Marc Lavoine. En trois semaines, j’ai beaucoup, beaucoup pensé à ce film. En trois semaines, j’ai écrit un millier de fois ce billet dans ma tête. En trois semaines, je ne suis toujours pas arrivée à le mettre en mots… C’est dire comme ce film m’a remuée, bouleversée et fait réfléchir.
Avec ce film, Tony Gatlif écrit une page, souvent négligée, de l’Histoire: celle des Tziganes pendant la Seconde Guerre Mondiale. Peuple des routes, peuple complétement désintéressé du matériel, peuple sans « leader », leur Histoire n’a pas intéressé grand monde… Les superstitions, les peurs, sans oublier les préjugés, n’ont sans doute pas aidé. Pourtant, sur les 700 000 Tziganes qui vivaient en Europe à l’époque, la Seconde Guerre Mondiale en a fait disparaître 250 000 à 500 000. A ces disparus, le réalisateur rend hommage. A ce peuple encore trop souvent méprisé, il témoigne son amour. Avec liberté.
En effet, il n’est pas question de faire un cours d’Histoire. Gatlif raconte simplement et humblement une histoire et s’inspire pour cela de faits réels: la famille Tzigane, Mlle Lundi (figure de la Résistance). En revanche, il soigne les moindres détails jusqu’à la matière des jupes des gitanes ou au nombre de liens sur la toile des tentes. Tout devait correspondre aux us et coutumes de l’époque. De ces toiles de tentes, de ces jupes froissées et salies émanent un lyrisme émouvant. Les lumières, la qualité de la photo y concourent bien évidemment. Les compositions donnent parfois l’impression d’entrer dans un tableau… La suggestion contribue aussi à ce lyrisme, parfois tragique: la voie ferrée, la montre juive tombée au milieu des rails… Ce film est beau, au sens esthétique du terme.
La poésie du film est aussi à mettre en relation avec le titre: une ode à la liberté. Des chevaux au galop, un homme qui s’éveille, une jupe dans le vent, et des hommes qui courent. Qui courent pour courir, tout simplement. Pour sentir leurs membres, leur corps. Tina qui rit, au galop sur son cheval, j’ai rarement vu une scène aussi Belle, touchante! La course n’est pas la seule façon d’être libre. Les routes en sont également un signe, bien sûr. Mais la musique en est la véritable expression. Encore une fois, que de beauté! Les acteurs, véritables gitans venus des quatre coins de l’Europe et amis du réalisateur, sont aussi les musiciens du films (avec Tony Gatlif). Comment ne pas « trembler » en écoutant l’interprétation manouche de « Maréchal nous voilà »? Comment ne pas se laisser porter par la musique, source de vie en quelque sorte?
L’incroyable James Thiérrée, petit-fils de Charlie Chaplin, artiste accompli (danseur, acteur, musicien, que ne fait-il pas?), interprète Taloche. Ce personnage incarne la Liberté, il en est l’allégorie: sédentariser cet homme, l’enfermer, c’est le tuer. La moindre entrave à sa liberté, que ce soit celle de bouger ou de jouer, ou encore de « faire ce qu’il veut », l’aliène. Son côté fantasque se rapproche presque de la Folie. C’est un personnage qu’il sera difficile d’oublier…
Quant aux autres personnages… Je n’ai encore qu’un seul et même mot: ils sont beaux et touchants, que ce soit le futur « chef » du clan ou le « dur »… ou encore, la grand-mère… ou Tina.
Le film s’achève sur une chanson terriblement émouvante, « Les Bohémiens », chantée par la voix cassée de Catherine Ringer. Ses mots concluront ce billet:

« Si quelqu’un s’inquiète de notre absence
Dites-lui qu’on a été jetés du ciel et de la lumière
Nous les seigneurs de ce vaste univers. »

A noter que le carnet anthropométrique d’identité qui obligeait les Tziganes à se présenter à la mairie à chaque installation est remplacé par le carnet de circulation, qui doit être présenté tous les trois mois en gendarmerie ou commissariat. La liberté n’est qu’un leurre… et cette pratique révèle une grave discrimination… Bref, évitons de faire de la politique ici.

Trois bonnes raisons d’aller voir Liberté:

– Connaître une page de l’Histoire, un génocide « oublié », à travers la banale, heureuse et malheureuse, histoire d’une famille.
– Comprendre la Liberté, faire connaissance avec un peuple victime de préjugés, de peurs… et pourtant si « grand »: désintéressé, artiste, artisan…
– Se laisser porter, toucher par la Beauté: lumières, personnages, musique… Tout est Beau.
Et une quatrième raison: James Thiérrée
.

Il sort aujourd’hui sur les écrans… Alors, courez voir ce film!

Comme je le disais, j’ai eu la chance d’assister à une avant-première en présence du réalisateur et de Marc Lavoine. A l’issue de la projection, nous avons donc pu « discuter » une bonne demi-heure avec eux. Je ne connaissais pas grand chose de Marc Lavoine et même s’il ne semblait pas très à l’aise face à toute une salle de spectateurs, il s’est montré simple, a expliqué ses choix et son rôle, le tournage: comment il avait pu « communiquer » avec les Tziganes, eux-mêmes ne parlant pas tous la même langue… Il en est ressorti l’idée que le tournage avait dû être une grande famille et que la communication ne s’arrête pas aux mots. Durant les six mois du tournage, Marc Lavoine a tapissé sa chambre de photos de l’époque, des tziganes… Il s’est immergé, a changé d’époque pour faciliter le jeu de son personnage. Ça se comprend puisqu’il n’avait pas de scénario préétabli! De Tony Gatlif, l’acteur dit qu’ « il est une suite de fragments poétiques, de colère retenue, animée de musique ». Un bel hommage! Qui donne le ton du film…
Quant à Tony Gatlif, on pourrait l’écouter des heures sans se lasser. C’est un bon orateur! Enthousiasme, plein d’espoir et de vie, il donne envie de le suivre… Son Gadjo Dilo m’avait déjà fait cet effet, je continuerai sans aucun doute sur sa route.
L’Association ARTAG (Association Régionale des Tziganes et leurs amis Gadjé) était également présente.

Pour poursuivre votre voyage, allez faire un tour sur le site de Marina Obradovic, photographe de talent qui accompagne souvent les tournages de Tony Gatlif et qui a longtemps côtoyé les Roms…

Sur le sujet, à lire: la très belle BD de Bonin et Galandon, Quand souffle le vent.

Choisis ton Avatar, je te dirai qui tu es…

Choisis ton Avatar, je te dirai qui tu es…

Annoncé depuis des mois (comme le projet de toute une vie), encensé par les critiques, enthousiasmant littéralement le public, le travail titanesque piloté par James Cameron semble
rencontrer un franc succès… J’étais donc particulièrement curieuse et impatiente de voir enfin cet
Avatar!

avatar.jpgAvatar
De James Cameron

Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Michelle Rodriguez…
Etats-Unis, 2009
Durée: 2h40

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Synopsis

Appelé par le gouvernement pour remplacer son défunt frère, Jake Sully est envoyé sur la planète Pandora. Là-bas, il doit participer à une mission scientifique encadrée par la
pétulante Grace Augustine: entrer en contact avec les Na’vi, la population autochtone. Pour cela, les scientifiques ont créé des avatars à l’image des Na’vis en combinant les gênes
indigènes et les gênes humains. Ainsi, Jake va « donner vie » à l’avatar de son frère en liant son esprit à la créature et découvrir ainsi un nouveau monde… une nouvelle vie.

Avis (attention, les lignes qui suivent dévoilent tout ou partie de
l’histoire!)

Il suffit de voir la bande-annonce pour deviner toute l’histoire (ou, tout du moins, une bonne partie). Contrairement à ce qu’annonçait Libération dans un article, le scénario n’est pas
si original… Certes, on se place du côté des « aliens » envahis, mais si on considère ce film d’un point de vue plus « général », cette situation n’est pas rare: nombreux sont les films se plaçant
du côté des opprimés, des colonisés… Car finalement, Avatar repose sur une trame bien classique, du déjà vu et du déjà revu: un guerrier est envoyé pour rencontrer la population
indigène, il rencontre justement une belle indigène sans oublier le « frère ennemi »), il passe des épreuves pour être accepté, il tombe amoureux et se bat finalement contre son ancien camp
(bouh, les méchants capitalistes qui veulent tuer les Schtroumpfs géants pour leur piquer leurs minéraux)… On dirait presque une nouvelle version de Pocahontas! A l’instar
du scénario, les personnages représentent tous des stéréotypes
(du coup les acteurs sont plus que crédibles): le guerrier (pas si bête) courageux et bon, le frère ennemi (mais juste), la
Belle, la scientifique éthique, sans oublier le plus terrible de tous: le général de l’Armée (un véritable Action Man belliqueux et sans neurones).
Voilà, Avatar, c’est un vrai blockbuster de tradition: histoire sans surprises riche en actions et en émotions, personnages convenus. Mais, il faut passer outre:
Avatar, c’est avant tout un divertissement au sens propre.
C’est un film qui, durant 2h40 (qu’on ne voit pas défiler), emporte le spectateur dans un monde Inconnu, absolument
magnifique, véritablement onirique (si on fait abstraction des « robots légos »). Et c’est là qu’est la richesse du film: une planète idéale, des ilôts de nature, des créatures
fabuleuses, et des êtres en harmonie totale et entière avec la Mère Nature. James Cameron et son équipe ont créé, inventé un Monde dans sa totalité: langue, coutumes, arts de vivre, etc…
clairement inspirés des populations Indiennes d’Amérique (Sud et Nord). Et le travail technique/technologique assure vraiment: les humains sont parfaitement intégrés à la 3D (c’est plutôt
ça que l’inverse). A la civilisation « simple », aux croyances premières, se confronte la civilisation moderne et technologique… Et les Humains, en voulant exploiter Pandora, semble ouvrir la
fameuse boîte et salir, détruire la planète avec leurs maux… Bon, encore une fois, le propos peut paraître simpliste (surtout si on songe aux millions déboursés pour sa réalisation):
le retour à la Terre, l’Harmonie d’un côté, l’argent sale et la technologie de l’autre. Mais encore une fois, ce film, c’est du Cinéma, du grand Spectacle et il est à prendre pour ce qu’il
est… Se dessine également une autre interrogation, moderne et qui interpelle: la vie réelle et/contre la vie virtuelle... Et dans Avatar, c’est magique, on peut choisir!

Trois bonnes raisons d’aller voir Avatar:
– du grand spectacle (en 3D): on en prend les mirettes! Et on ne s’ennuie jamais…
– une histoire certes convenue mais efficace, qui se déroule dans un monde magnifique.
– The projet de James Cameron: le rêve de sa vie, une vraie prouesse technologique. Et c’est beau.

Les deux acteurs principaux, avant/après et des photos du tournage:
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Le Retour d'Elizabeth Bennet

Le Retour d'Elizabeth Bennet

La semaine précédente, je publiais un billet sur Orgueil et préjugés, un très beau, un très grand roman de Jane Austen. A l’instar de l’héroïne, je suis tombée dans
les bras de Darcy et j’ai donc voulu prolonger le plaisir de cette lecture en regardant sa récente adaptation cinématographique. Cette dernière a été réalisée par Joe Wright
(
Reviens-moi avec Keira Knightley).
Comme je le signalais dans un autre article, on devrait toujours distinguer l’oeuvre originale de son adaptation.
Autrement dit, considérer chaque oeuvre comme singulière, différente. Éviter au mieux les comparaisons car chacune obéit à des contraintes différentes, chacune est le « produit » d’un regard, d’une
pensée unique… Mais quand on a lu le roman, ne pas rapprocher les deux oeuvres est chose difficile, voire impossible. Bref, le plus souvent, les adaptations souffrent des comparaisons
avec l’oeuvre initiale… et déçoivent. Et ce film, ma foi, n’y échappe pas.


Pour lire cet article en musique, rendez-vous sur Deezer où vous pourrez écouter la
bande originale du film, signée par Jean-Yves Thibaudet
.

orgueil-et-prejuges.jpgOrgueil et préjugés
Titre original: Pride & Prejudice
De Joe Wright

Avec Keira Knightley (Lizzie), Matthew MacFadyen (Darcy), Brenda Blethyn (Mrs Bennet), Donald Sutherland (Mr Bennet), Judi Dench (Lady Catherine), Rosamund Pike (Jane), Simon Woods (Bingley)…
Etats-Unis, 2005
Durée: 2h07

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Synopsis
Mrs Bennet ne songe qu’à marier ses filles, c’en est devenu une véritable obsession. Lorsqu’elle apprend qu’un jeune gentleman célibataire vient s’installer dans le domaine voisin, elle tane
son mari pour que leurs filles lui soient présentées. C’est donc au bal que les soeurs aînées, Jane et Elizabeth, vont sceller leur destin en la rencontre de Mr Bingley et de son ami, Mr Darcy…
Mais il faudra surmonter les préjugés et l’orgueil…

Avis
Il eut mieux valu éviter de comparer ce film au roman de Jane Austen car, même si le premier se veut fidèle, il dénature le second… Il occulte en effet de nombreux passages, personnages
du livre… Au bout du compte, l’histoire du film est assez pauvre, bien trop maigre pour un film de 2h! En fait, dès la première rencontre, Elizabeth semble sous le charme de Darcy et
elle réalise bien vite et bien facilement qu’elle est amoureuse… Or, leur histoire, l’acceptation de leur amour est bien plus difficile: Darcy comme Lizzie sont deux fortes têtes, avec un ego
développé, un amour propre fier et têtu. A l’écran, on ne se rend pas compte de la souffrance provoquée…
De là, on arrive à la prestation des acteurs: que Darcy est mièvre, peu sûr de lui! Où est sa fierté d’aristocrate? Son élégance de gentleman? Quant à Elizabeth, petite paysanne
crottée, elle manque de classe, de dinstinction… Comment dire? Elle n’a pas la dignité, la verve que je lui imaginais… De même, Wickam n’a que peu d’assurance et n’apparaît que
rarement. Finalement, les seuls personnages fidèles au livre semblent être les parents Bennet et le cousin Collins: la mère est littéralement insupportable et superficielle, quant
au père, on sent bien à quel point il vit détaché de toutes ces convenances (et de sa femme)… De même, Jane et Bingley sont parfaits: deux êtres qui transpirent la générosité et la
gentillesse. (Ce film n’échappe d’ailleurs pas aux éternels clichés: la gentille et douce blonde VS la brune au caractère bien trempé! Grrr…)
Pour finir, le film donne une place majeure à la Nature: Elizabeth paraît rechercher le bien-être dans les landes, dans les bois… Elle préfigure, voire illustre, ce que sera le
Romantisme. Voilà enfin un point positif pour ce film! La scène finale est d’ailleurs la plus réussie, de loin. Très belle esthétiquement…

En bref, ce film ne restera pas dans « mes » annales, trop fade à mon sens. Bien loin du piquant, de l’humour, de l’ardeur, des passions, des conflits (et j’en passe) qui se dégagent du
roman d’Austen.

Quitte à choquer peut-être certains d’entre vous, je dirais même que Coup de foudre à Bollywood est une adaptation bien meilleure, voire plus fidèle à l’oeuvre…

La bande-annonce:

Non ma fille, tu n'iras pas danser

Non ma fille, tu n'iras pas danser

Après avoir vu La Belle Personne, depuis que j’adore Louis Garrel, un futur Grand du Cinéma, j’avais très envie de voir le nouveau film de Christophe Honoré. J’avais lu quelques critiques favorables, voire élogieuses (Télérama, par exemple)…


Non ma fille, tu n’iras pas danser

De Christophe Honoré

Avec Chiara Mastroianni, Marina Foïs, Jean-Marc Barr, Louis Garrel, Julien Honoré…

France, 2009

Synopsis
Léna, la trentaine, largue les amarres: elle quitte son mari, Nigel, elle quitte son boulot, anésthésiste, et embarque ses deux enfants. Elle leur consacre tout le temps qu’elle n’a pas su leur donner jusque-là. Tous trois rejoignent la maison familiale, en pleine campagne. Lieu idéal pour un huis-clos familial… Malgré la bonne volonté des parents, les vérités, les mensonges vont éclater.

Mon avis
Ce film n’est pas à la hauteur de son histoire.
Tout d’abord, Léna est un personnage littéralement insupportable. Tout comme son boulot, elle semble anésthésiée: elle est enfermée dans sa bulle, elle est sourde aux autres et ne prend pas la peine de les écouter. Elle n’est même pas capable de voir que ses enfants vont mal, que sa propre soeur va mal et que son père meurt d’un cancer. Non, Léna est bien trop focalisée sur sa petite personne, insipide et creuse. Elle rejette sa famille, n’a plus d’amis, alors que tous tentent de l’aider, à leur façon. Si Léna est si renfermée, c’est qu’elle tourne en rond, ne supporte plus les contraintes et obligations (professionnelles ou familiales). Elle ne sait pas quelle direction donner à sa vie. Elle essaie de bien faire mais n’y arrive pas, sans doute à cause de son égoïsme et de son orgueil (elle rejette tout le monde). Elle finit par ouvrir les yeux lorsqu’elle frôle le drame… Même si toute sa vie n’est finalement qu’un drame. En bref, c’est un personnage agaçant, voire détestable (par moments). A tel point qu’elle n’inspire même pas de compassion. Cela dit, on doit lui reconnaître une qualité: malgré tous ses travers, toutes ses contradictions, Léna assume ce qu’elle est (mais pas ce qu’elle a).
Ensuite, l’histoire de Léna est singulière (même si elle semble illustrer pas mal de crises d’adolescence tardives), terrible, digne des tragédies antiques. Mais les choix de Christophe Honoré ne permettent pas de donner une dimension assez grande, assez forte à cette histoire. En plus, la légende de Katell Gollet vient « parasiter » celle de Léna et on ne comprend pas vraiment le lien… Sans doute, Katell est-elle une métaphore de Léna, une noceuse insouciante qui tue (malgré elle) les êtres chers et qui finira dans les bras du Diable… Il y avait pourtant matière à réaliser un film formidable, dense et fort en émotions.
Enfin, Louis Garrel. Quelle déception! Lui qui est si talentueux fait triste figure! Ce n’est pas son meilleur rôle (même si les vieilles chemises de laine à carreaux lui vont bien).

Quelques bons points tout de même: Marina Foïs se révèle de plus en plus. Dans son rôle de femme enceinte mais malheureuse, elle est vraiment touchante. De même, Jean-Marc Barr est méconnaissable, il se bonifie à tout point de vue avec l’âge. Quant à Julien Honoré, c’est une belle découverte!
Pour finir, Christophe Honoré filme bien: les images sont belles, très picturales (belles lumières, belles compositions). Certaines scènes sont tout de même réussies et la toute fin cloue sur place.

D’autres avis:
– Celui de Celsmoon. Elle semble avoir davantage aimé le film que moi… (Pas difficile, me direz-vous)

La bande-annonce:

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