Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Depuis bientôt quatre ans, je fais toujours autant parler de moi.
Je connais un succès sans failles, aussi bien en terme de lectorat, de satisfaction et de « pognon », à tel point que je n’ai encore jamais été publié en Poche.
J’ai même été adapté au cinéma (la machine à fric aurait tort de se priver!).
La mort « subite » de mon créateur a sans aucun doute contribué à ma « popularité »…
Vous avez deviné qui (ce que, devrais-je dire) je suis?
Millenium, bien sûr!

Avec Bladelor et George, nous faisons partie des derniers bastions à ne pas l’avoir déjà lu… L’occasion d’en faire une lecture commune!
Depuis plusieurs mois, ma petite sœur et son amie me pressaient (gentiment!) pour le lire…
Après quatre ans, la liste d’attente des réservations à la bibliothèque est encore longue! Et sans ma grande sœur, j’attendrais encore… Merci à elle pour ce chouette cadeau!

Trêve de bavardages… Passons aux choses sérieuses.


Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes

Millénium 1

Stieg Larsson

Titre orig.: Män som hatar kvinnor
Trad. du suédois: Lena Grumbach et Marc de Gouvenain
Ed. Actes Sud (rééd. 2009)

Résumé
Rédacteur de Millénium, Mikael Blomkvist doit se mettre à l’ombre quelques temps… Il vient de perdre un procès contre l’un des grands magnats de la Finance et des Industries, Wennerström, qu’il a accusé (dans son journal) de détournements de fonds et de multiples trafics. C’est à ce moment critique qu’intervient Henrik Vanger, autre figure puissante (et vieillissante) de l’Economie suédoise. Ce dernier fait venir Mikael chez lui, sur l’île d’Hedeby, à quelques heures de Stockholm. Il a un « job » à lui proposer: depuis plus de quarante ans, sa nièce Harriet a disparu, sans laisser de traces. Quarante ans qu’il vit obsédé par ce mystère. Quarante ans qu’il met tout en oeuvre pour le résoudre, ne serait-ce que le comprendre, en vain. Quarante ans que la Police s’y casse les dents… Si Mikael consacre un an à cette affaire, Vanger lui donnera tout ce qu’il sait sur Wennerström.
La vengeance est un plat qui se mange froid…

Avis
Comme je n’ai pas l’habitude de lire des romans noirs, des polars, j’ai bien des difficultés à écrire ce billet… Comment vous en parler sans trop en dire? Faisons court et simple.
J’imagine que le succès de Millénium est en grande partie fondé sur l’univers qu’il offre au lecteur: sombre, glauque… et surtout riche et réaliste. L’auteur parvient à mêler à la fois l’Histoire (notamment le Nazisme), la Religion et les histoires « banales », les faits divers: éternelles querelles et secrets de Famille, violences à l’encontre des femmes (certaines scènes sont très dures à lire, très « heurtantes » et rageantes), les haines, la folie et le sexe aussi… De plus, Larsson a eu l’idée d’installer ce petit monde sordide sur une île, faisant ainsi de son histoire une sorte de huis clos insulaire, un cluédo géant à l’échelle d’une île, qui sort parfois de ses frontières. Mais, son « coup de génie » ne s’arrête pas là: Super Blomkvist n’est pas n’importe quel journaliste! On apprend rapidement qu’enfant, il avait passé ses vacances sur l’île et que la jolie Harriet n’était autre que sa babysitteur… De quoi faire de son investigation une affaire personnelle… Les sentiments empiètent donc sur la rigueur scientifique…
Les pions sont en place sur l’échiquier et, à l’instar de Blomkvist, on se laisse « contaminer » par cette vieille histoire. On suit alors avec un intérêt toujours plus accru les démarches de notre « héros ». Les guillemets s’avèrent nécessaires, car Blomkvist n’a pas la chance (ou la finesse) d’un Tintin assez futé pour se sortir de n’importe quelle situation. Non, Blomkvist ne réussit pas seul, Blomkvist est un homme qui aime les femmes. Mieux, il a besoin des femmes… Et Super Lisbeth est là! C’est finalement elle, la véritable héroïne. Quelle femme cette brindille! Une véritable écorchée vive, sombre, un vrai volcan en fusion, surdouée mais pas moins fragile et violente. A travers Lisbeth, c’est aussi une histoire des femmes que l’on découvre (sans oublier les services sociaux et leurs travers), comme si Lisbeth reflétait à elle seule la condition des femmes. Et à cet effet, l’auteur place en exergue de chacune des parties du livre ces lamentables statistiques: « En Suède, 46% des femmes ont été exposées à la violence d’un homme ». De quoi faire rager plus d’une lectrice! (De quoi me mettre hors de moi…) A vous de découvrir Lisbeth (si ce n’est pas déjà fait).
Le seul bémol tient au fait que je sois inexpérimentée en polar et en Economie: j’ai mis un peu de temps à entrer dans l’histoire, j’ai trouvé l’affaire Wennerström un brin complexe (dès qu’il est question de Finances, je me perds rapidement)… Et globalement, j’ai mis plus de temps que je ne croyais à lire ce premier tome (je suis davantage habituée aux « élans de l’âme », aux écritures « intimes »…). Cela dit, j’ai suffisamment aimé cette lecture pour lancer la réservation des tomes suivants! Surtout que les dernières pages posent les briques d’une suite…

♥♥♥ Trois bonnes raisons de lire le tome 1 de Millénium:
– Une intrigue suffisamment dense et complexe pour ne rien soupçonner de la fin…
– Une intrigue principale enrichie d’histoires « secondaires ». Double intérêt: les personnages « existent » en-dehors de l’intrigue principale, ce qui les « humanise »; ces « apartés » permettent d’installer une attente, un suspense…
– Les personnages sont plus qu’intéressants… Lisbeth est carrément fascinante!

Sur ce, lisons les avis de Bladelor et de George.

Et si vous souhaitez lire d’autres avis, ils sont pour la plupart recensés chez BOB.

livraddict_challenge.jpgPour en savoir plus sur Millénium, vous pouvez consulter les archives d’Actes Sud.

Lu pour mon plaisir et dans le cadre du Challenge Livraddict (3 livres lus sur 12! Yes!).

Non à la mercantilisation de la santé!

Non à la mercantilisation de la santé!

Le mot « mercantilisation » ne figure pas encore dans tous les dictionnaires, mais ça ne saurait tarder…au train où notre société file!

Je n’ai pas lu dans les détails les objectifs de la Réforme des hôpitaux publics engagée actuellement par la Ministre Mme Bachelot. Néanmoins, j’en ai compris plusieurs points.

Ainsi, la logique économique (déjà présente, évidemment) sera renforcée. Du chiffre, du chiffre, les hôpitaux devront faire! Sans doute dans le but de concurrencer les cliniques privées et de diminuer « le trou de la sécu ».

Autrement dit, les patients dont le cas ne rapportera pas assez d’argent seront-ils relégués au placard à balais?
Et la gériatrie? Ca ne rapporte pas beaucoup…Les personnes âgées demandent bien trop de temps au personnel hospitalier! 

Bientôt, la carte bleue remplacera la carte vitale…Et l’on s’approchera alors du système américain: soit on a les moyens de se soigner, soit on crève. Plus d’égalité mais de l’élitisme. Les bons médecins pour les riches, les charlatans pour les pauvres. Société binaire.
Jusque là, j’aimais dire « quand on a la santé, tout va (ou presque) ». La santé étant encore la seule « chose » non monnayable. Il va falloir que je change: « quand on a de l’argent, tout va (ou presque) ». 

Je conviens que je prends des raccourcis, que je vais vite en besogne et que le Ministère prévoira des gardes-fous…Pourtant, quand on commence à prendre une telle direction, les gardes-fous n’ont rapidement plus de raison d’être! L’argent appelle toujours l’argent! Ca a toujours été ainsi…
Et je suis persuadée que si cette Réforme vénale passe, l’être humain sera réduit à une facture, un code-barre. Et s’il n’a pas les moyens de se soigner, tant pis pour lui.