New age in the City

New age in the City

« Arriérés »,
« Anthropophages »,
« Analphabètes »…
… Je sais bien qu’on fait tous des efforts pour conserver notre « Triple A »…

Voilà qui donne le ton de ce troisième opus.

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3. « Le néolithique, c’est pas automatique »
Jul
Ed. Dargaud, 2012

A l’instar des précédents tomes, ce troisième se joue des politiques et de notre société. Cette fois-ci, c’est aux rassemblements et aux réseaux sociaux qu’elle « s’attaque »:
– les manifestations RESF, « Réseau Evolution Sans Frontières » pour soutenir les clandestins. Voilà un beau sujet! Immigration (pardon, évolution) légale ou clandestine, civilisation meilleure que d’autres… On aurait pu s’attendre un traitement plus corrosif, il reste superficiel. Dommage!
– le fameux Flèches-Book » fait son apparition! C’est « trop mortel ». Toutefois, il n’apporte pas grand chose à l’histoire. Encore une fois, c’est dommage! Il y a pourtant tant à dire…
D’autres petites anecdotes ou sujets viennent ponctuer l’histoire. Cependant, alors qu’on faisait défiler les pages dans les deux précédents tomes, on piétine sur le troisième. L’histoire n’avance pas vraiment et on ne saurait dire si on s’ennuie ou si on se laisse divertir légèrement… Bon, relevons tout de même quelques jeux de mots bien sentis (comme la citation en exergue)!

Au final, malheureusement, comme bon nombre de séries, plutôt que de se renouveler, Silex and the City s’essouffle. L’humour, déjà bien rodé, fait parfois sourire, guère plus. Le changement, ce n’est pas maintenant.

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A propos des femmes… – Partie 7

A propos des femmes… – Partie 7

Voilà quelques semaines que j’ai délaissé la Citation du Jeudi… Pour autant, je ne l’oublie et prend plaisir à lire les sélections de mes camarades blogesques. Vous trouverez les liens vers les blogs participants dans le Terrier de Chiffonette.

Revenons à nos moutons… ou plutôt à nos femmes, puisque ma sélection porte à nouveau sur la « condition féminine ».
Après le siècle classique vient le siècle des Lumières, pas toujours lumineux… Et si je vous dis « ironie », « point de sarcasme », et « belles satires »… ou encore « conte philosophique », à qui pensez-vous? Le génial Voltaire.

"Le Verrou", Fragonard, v. 1778, huile sur toile, Musée du Louvre, Paris

L’abbé de Châteauneuf la rencontra un jour toute rouge de colère. « Qu’avez-vous donc, madame ? » lui dit-il.
— J’ai ouvert par hasard, répondit-elle, un livre qui traînait dans mon cabinet ; c’est, je crois, quelque recueil de lettres ; j’y ai vu ces paroles : Femmes, soyez soumises à vos maris ; j’ai jeté le livre.
— Comment, madame! Savez-vous bien que ce sont les Épîtres de saint Paul ?
— Il ne m’importe de qui elles sont ; l’auteur est très impoli. Jamais Monsieur le maréchal ne m’a écrit dans ce style ; je suis persuadée que votre saint Paul était un homme très difficile à vivre. Était-il marié ?
— Oui, madame.
— Il fallait que sa femme fût une bien bonne créature : si j’avais été la femme d’un pareil homme, je lui aurais fait voir du pays. Soyez soumises à vos maris ! Encore s’il s’était contenté de dire: Soyez douces, complaisantes, attentives, économes, je dirais : voilà un homme qui sait vivre ; et pourquoi soumises, s’il vous plaît ? Quand j’épousai M. de Grancey, nous nous promîmes d’être fidèles : je n’ai pas trop gardé ma parole, ni lui la sienne ; mais ni lui ni moi ne promîmes d’obéir. Sommes-nous donc des esclaves ? N’est-ce pas assez qu’un homme, après m’avoir épousée, ait le droit de me donner une maladie de neuf mois, qui quelquefois est mortelle ? N’est-ce pas assez que je mette au jour avec de très grandes douleurs un enfant qui pourra me plaider quand il sera majeur ? Ne suffit-il pas que je sois sujette tous les mois à des incommodités très désagréables pour une femme de qualité, et que, pour comble, la suppression d’une de ces douze maladies par an soit capable de me donner la mort sans qu’on vienne me dire encore : Obéissez ?
Certainement la nature ne l’a pas dit ; elle nous a fait des organes différents de ceux des hommes ; mais en nous rendant nécessaires les uns aux autres, elle n’a pas prétendu que l’union formât un esclavage. Je me souviens bien que Molière a dit :
« Du côté de la barbe est la toute-puissance.« 
Mais voilà une plaisante raison pour que j’aie un maître ! Quoi ! Parce qu’un homme a le menton couvert d’un vilain poil rude, qu’il est obligé de tondre de fort près, et que mon menton est né rasé, il faudra que je lui obéisse très humblement ? Je sais bien qu’en général les hommes ont les muscles plus forts que les nôtres, et qu’ils peuvent donner un coup de poing mieux appliqué : j’ai peur que ce ne soit là l’origine de leur supériorité.
Ils prétendent avoir aussi la tête mieux organisée, et, en conséquence, ils se vantent d’être plus capables de gouverner ; mais je leur montrerai des reines qui valent bien des rois. On me parlait ces jours passés d’une princesse allemande qui se lève à cinq heures du matin pour travailler à rendre ses sujets heureux, qui dirige toutes les affaires, répond à toutes les lettres, encourage tous les arts, et qui répand autant de bienfaits qu’elle a de lumières. Son courage égale ses connaissances ; aussi n’a-t-elle pas été élevée dans un couvent par des imbéciles qui nous apprennent ce qu’il faut ignorer, et qui nous laissent ignorer ce qu’il faut apprendre. Pour moi, si j’avais un État à gouverner, je me sens capable d’oser suivre ce modèle.
L’abbé de Châteauneuf, qui était fort poli, n’eut garde de contredire Mme la maréchale.

Voltaire, « Femmes, soyez soumises à vos maris », in Mélanges, pamphlets et œuvres polémiques, 1759-1768

« Le jeudi, c’est citation! » est initié par Chiffonnette.

A propos des femmes:
Maupassant
la Bible
l’Antiquité
le Moyen Age, 1
le Moyen Age, 2
La Renaissance
Le Siècle Classique

 

A propos des femmes… – Partie 6

A propos des femmes… – Partie 6

Au XVIIe siècle, période Classique, la femme acquiert plus d’importance. Certains parlent même de « féminocentrisme ». On assiste en effet à l’émergence des salons souvent tenus par des femmes d’esprit et de lettres. Les femmes s’intéressent également de plus en plus aux sciences.
A côté de cette figure intellectuelle, se tient la figure conservatrice: l’Eglise et la Bourgeoisie attendent de la femme qu’elle tienne son rôle d’épouse et de ménagère. Nombre d’hommes ne prennent pas « le sexe faible » au sérieux.
Evolution, évolution…


"L'Ecole des femmes" de Molière, à la Comédie Française. Jeu: Isabelle Adjani et Michel Aumont. Mise en scène de Jean-Paul Roussillon. 1973. © Agence Bernand


Pour illustrer l’image de la femme du XVIIe siècle, quoi de mieux que Molière?

Le mariage, Agnès, n’est pas un badinage:
A d’austères devoirs le rang de femme engage;
Et vous n’y montez pas, à ce que je prétends,
Pour être libertine et prendre du bon temps.
Votre sexe n’est là que pour la dépendance:
Du côté de la barbe est la toute-puissance.

Bien qu’on soit deux moitiés de la société,
Ces deux moitiés pourtant n’ont point d’égalité;
L’une est moitié suprême, et l’autre subalterne;
L’une en tout est soumise à l’autre, qui gouverne;
Et ce que le soldat, dans son devoir instruit,
Montre d’obéissance au chef qui le conduit,
Le valet à son maître, un enfant à son père,
A son supérieur le moindre petit frère,
N’approche point encor de la docilité,
Et de l’obéissance, et de l’humilité,
Et du profond respect où la femme doit être
Pour son mari, son chef, son seigneur et son maître.

L’Ecole des femmes, III, 2.


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A propos des femmes:
Maupassant
la Bible
l’Antiquité
le Moyen Age, 1
le Moyen Age, 2
La Renaissance

A propos des femmes… – Partie 5

A propos des femmes… – Partie 5

Après les temps lointains de l’Antiquité, après les temps pas si obscurs du Moyen Age, vient la Renaissance. Cette période doit son nom à la volonté d’un renouveau: il faut sortir d’une longue période sombre, de guerres, d’épidémies… Avec la Renaissance débutent les grandes expéditions, les grandes découvertes techniques, les échanges et un foisonnement culturel important… Mais cela ne suffit pas à faire évoluer la place de la femme, place qui, au contraire,  continue sa régression. La femme est toujours considérée comme figure du Mal, celle par qui tous les maux arrivent. Après tout, c’est elle qui a tenté Adam et lui a fait croquer cette fichue pomme! Et si elle existe, c’est grâce à la côte de l’Homme! Alors elle n’a pas à se plaindre de sa condition… Elle n’a que ce qu’elle mérite!
La femme reste donc sous l’autorité du père et les mariages sont toujours des arrangements, affaires de Dot, argent et terres…
Peut-on noter une évolution? Sous François Ier, le viol devient un délit et peut conduire au bannissement. Reste à prouver le viol car l’homme prétend le plus souvent que sa victime est consentante… Tiens, voilà un stupide aveuglement que l’on entend encore trop souvent aujourd’hui…
Cela dit, à la Cour, les femmes peuvent avoir accès aux Belles Lettres et, ainsi, s’instruire. Merci à Marguerite de Navarre…

Au XVIe siècle, deux regards, très divergents, sur l’Amour coexistent: l’Amour avec un grand A, on aime les Femmes, on les courtise, on aime l’Amour… Cependant, on raille aussi l’amour, ou plutôt le mariage, et on s’amuse du cocuage…
Les poèmes de Ronsard, tels ses
Odes à Cassandre, vous rappelleront certainement cette vision de la femme aimée, jeune et belle, comme une rose, à qui Ronsard dit de « cueillir sa jeunesse ».

Matisse, Portrait de Rabelais, Nice,

Concernant la dérision, qui pourrait être plus corrosif, et pourtant si sage, que Rabelais?

Petit florilège qui ne se restreint pas à la femme.

Il n’y a qu’une antistrophe entre femme folle à la messe et femme molle à la fesse.
Vie inestimable du grand Gargantua

N’est pas cocu qui veut. Si tu l’es, ta femme sera belle, tu seras bien traité d’elle, tu auras beaucoup d’amis, ton bien s’accroîtra.
Pantagruel

C’est grande pitié quand beauté manque à cul de bonne volonté.

Le vin est ce qu’il y a de plus civilisé au monde.

Le jus de la vigne clarifie l’esprit et l’entendement.

L’appétit vient en mangeant ; la soif s’en va en buvant.

Celui-là qui veut péter plus haut qu’il n’a le cul doit d’abord se faire un trou dans le dos.

Par le monde, il y a beaucoup plus de couillons que d’hommes.

Chacun abonde en son sens.

Ce monde ne fait que rêver, il approche de sa fin.


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A propos des femmes:
Maupassant
la Bible
l’Antiquité
le Moyen Age, 1
le Moyen Age, 2

A propos des femmes… – Partie 3

A propos des femmes… – Partie 3

Aujourd’hui, la citation du Jeudi s’invite au Moyen Age.
A la chute de l’empire romain, les femmes acquièrent de plus en plus d’importance: à l’âge de douze ans, elles sont majeures et donc libre de leurs choix. Elles peuvent gérer leurs biens et même voter! Elles peuvent également exercer une activité salariée. Toutefois, une femme seule se retrouve rapidement dans la misère et pour peu qu’elle ait des enfants à charge, elle est vite réduite à la mendicité, au vol ou à la prostitution. (Voilà qui fait penser aux univers de Zola…)
En revanche, les femmes nobles n’ont pas les mêmes perspectives: elles « servent » souvent de monnaie d’échange entre seigneurs et n’ont d’autres perspectives que l’enfantement, la gestion du personnel de maison et des monastères…
Et pour finir, à la fin du Moyen Age, les libertés des femmes tendent à se réduire, pour ne pas dire disparaître: la femme doit se consacrer à son mari, à ses enfants, à sa maison et à Dieu… Etc., on connaît la chanson!
A retenir que le Moyen Age n’est pas si obscur qu’on le croit… Bien au contraire, de nombreuses avancées sociales, politiques, culturelles et économiques ont fleuri à cette époque… (Même si, en ce qui concerne la femme, force est de constater que l’avancée a finalement régressé!)


Christine de Pisan écrivant dans sa chambre (1407)


Pour illustrer ces propos, deux citations:

Notre-Seigneur a commandé que le femme fût toujours en commandement et sujétion. Pendant son enfance, elle doit obéir à ceux qui l’élèvent, et, quand elle est mariée, elle doit entière soumission à son mari, comme à son seigneur.
Quatre tens d’aage d’Ome, Philippe de Novaire (XIIIe siècle)

La femme se rendra humble envers lui (son mari) en fait, en révérence et en parole, lui obéira sans murmure et lui assurera la paix aussi soigneusement qu’elle pourra.
Le Livre des trois vertus, Christine de Pisan (XIV-XVe siècles)

 

« Le jeudi, c’est citation! » est initié par Chiffonnette.