Il n’y a pas de parent parfait – Challenge Lecture

Il n’y a pas de parent parfait – Challenge Lecture

Voilà un titre accrocheur! Prenons les paris: quel parent peut se targuer d’être « parfait »? Le plus souvent, si on laisse traîner ses oreilles ou si on a connu quelques altercations et autres conflits avec ses parents, le plus souvent donc, on entendra ou s’entendra dire: « j’ai fait du mieux que j’ai pu », « bien sûr, j’ai fait des erreurs mais j’ai tellement donné pour toi », « je me suis sacrifié(e) pour toi », etc. Ces parents-là, à ce moment, ressentent probablement un sentiment d’échec. « Mais qu’est-ce que j’ai raté? ». Ils n’ont sans doute pas lu le livre d’Isabelle Filliozat: « Il n’y a pas de parent parfait »…

Il n’y a pas de parent parfait

L’histoire de nos enfants commencent par la nôtre
Isabelle Filliozat
Ed. Poche Marabout, 320 p.

Comment se présente cet ouvrage?

Ce livre se compose de 3 parties: la première évoque la relation parent/enfant dans la théorie, la seconde explore les différentes causes de débordement, enfin la troisième se concentre sur les âges de l’enfant.

Un tel livre n’implique pas seulement l’acte de la lecture, il renvoie à soi, à son histoire et à nos éventuelles « casseroles ». Il faut être prêt à s’ouvrir et à s’interroger, à remettre en question nos « principes », nos croyances et nos façons de faire et de voir. Qu’on tende ou pas vers une éducation bienveillante…

Ainsi, la première partie, « Le parent face à son enfant », nous renvoie à notre propre enfance et aux relations que l’on a eues avec nos propres parents. L’enfant que nous étions et l’éducation que l’on a reçue déterminent le parent que nous sommes. Les chapitres qui composent cette partie nous permettent de réfléchir à cela et de s’interroger sur ce qui est bon à garder ou à jeter, sur ce que nous reproduisons de notre passé (consciemment ou pas), sur les attentes que l’on peut avoir de son enfant, nos projections sur lui et les déceptions évidentes qui les accompagnent. Ils reviennent aussi sur la notion d’autorité, par exemple: a-t-on vraiment besoin de donner une fessée pour asseoir son « pouvoir »? En somme, à la fin de cette partie, on accepte et on assume d’être un parent imparfait. On déculpabilise.

La seconde partie, « Les causes de nos débordements », fait un peu écho à la première en développant tout ce qui est attentes et projections. Quel parent n’a pas rêvé de voir son enfant accomplir ses propres rêves déçus? Tiens, mon fils, tu seras médecin. Ou encore, mon fils, tu feras du judo, comme papa. Tout cela, ce livre nous explique comment en faire le deuil. Notre enfant n’est pas la version bis de nous-même. C’est un autre, avec ses rêves bien à lui, et un caractère qui (peut-être) ne nous plaît pas. A nous de faire avec. Les chapitres explorent aussi d’autres causes de débordements: comme la découverte de la maternité, le rôle du père (qui ne correspond parfois pas non plus à nos attentes), etc.

Enfin, la dernière partie, « Question d’âges », se concentre sur l’enfant en lui-même, du foetus à l’adolescence, et à son départ de la maison, mais de façon assez brève. (Pour approfondir ce chapitre, je recommande quelques lectures plus bas.) En quelques pages, Isabelle Fiolliozat explique ce qui se joue en fonction des âges: comment la relation parent/enfant se détermine (en partie) dès la grossesse (à travers les échanges que l’on va avoir ou les émotions ressenties par la mère et son bébé), comment se construit l’identité de l’enfant lors de ses premiers mois et dans le regard de ses parents…

Table des matières "Il n'y a pas de parents parfaits" -1
Table des matières « Il n’y a pas de parents parfaits » -1
Table des matières "Il n'y a pas de parents parfaits" -2
Table des matières « Il n’y a pas de parents parfaits » -2

Pourquoi lire cet ouvrage?

Dans notre société, l’éducation devient parfois un sujet tabou: chacun y va de son grain de sel (parents, beaux-parents, frères/soeurs, la maîtresse, la boulangère et jusqu’au chat du voisin!) et plusieurs tendances cohabitent ou s’affrontent: de l’éducation patriarcale, à l’enfant-roi, en passant par l’éducation bienveillante. Tous comme les parents, sans doute n’y a-t-il pas d’éducation « parfaite », tout du moins n’y a-t-il pas d’éducation sans erreur.

Toutefois, on sait très bien aujourd’hui, que certains modèles sont plus nocifs que d’autres. Cet ouvrage s’inscrit dans l’idée que l’éducation doit reposer sur la bienveillance, condition sine-qua-non à l’épanouissement de l’enfant. Pour être dans la bienveillance, c’est à nous parents de nous remettre en question… A nous de considérer l’enfant comme un être à part entière, avec ses propres envies, et pas comme un petit soldat qui devrait nous obéir au doigt et à l’oeil, ou au contraire comme un petit roi au service duquel on serait. Non non non… Simplement comme un être à part entière qui a sa place (= sa parole, ses envies, ses rêves, etc.) dans la famille. Un nouvel équilibre à trouver (quand on n’a jamais connu ça soi-même).

En bref – Trois bonnes raisons:

*Cet ouvrage permet de s’interroger sur le parent que l’on est: pourquoi j’agis ainsi? Il permet de prendre conscience de nos comportements: ceux qui sont conscients et ceux qui relèvent davantage de nos croyances ou de l’éducation reçue… A nous de faire le tri. En fin de compte, la question, c’est surtout: quel parent je veux être?

*Cet ouvrage est accessible: pas de jargon médical ou psy incompréhensible. Il est clair et la lecture en est fluide.

*Cet ouvrage prône l’éducation bienveillante! C’est une raison qui se suffit à elle-même.

Un bémol toutefois: si, comme moi, vous avez lu d’autres ouvrages d’Isabelle Filliozat ou suivi ses fréquentes interventions sur les ondes de Radio France, vous risquez d’avoir des impressions de « déjà-lu » ou « déjà entendu »« L’Intelligence du coeur » (Confiance en soi, créativité, relations, autonomie) (ou la « grammaire » des émotions) par exemple s’applique à l’enfant mais aussi à l’adulte. Il reprend donc quelques principes développés plus longuement dans « Il n’y a pas de parents parfaits » comme l’adulte piégé dans ses croyances et les schémas qu’il peut reproduire ou pas.

"J'ai tout essayé" - un exemple
« J’ai tout essayé » – un exemple

En matière de psychologie appliquée à l’éducation et aux enfants, mon favori (d’Isabelle Filliozat) est: « J’ai tout essayé! » (Opposition, pleurs et crise de rage : traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans). Vraiment utile au quotidien avec des enfants de 1 à 5 ans, il propose de nombreux éclairages et mises en situation (les caprices, le repas, le dodo, etc.), des approches à expérimenter (toujours bienveillantes). Un must-have!

Je recommanderais aussi « Parents efficaces » de Thomas Gordon. Cet ouvrage apporte aussi des pistes vraiment intéressantes (et efficaces!) dans la communication parents/enfants. Ou encore, du même auteur, « Eduquer sans punir » qui porte sur l’auto-discipline… Bon, j’ai eu plus de mal avec cet ouvrage mais je n’en ai peut-être pas saisi toute la subtilité… Comme il est au programme du club lecture, j’aurai l’occasion de le relire. 😉

Bonnes lectures... et réflexions!
Bonnes lectures… et réflexions!

Enfin, dans la même veine, « Se faire obéir sans crier » de Unell et Wickoff (mais, pour tout dire, je n’y arrive pas encore tous les jours!).

Evidemment, on a beau lire tous ces ouvrages, ce ne sont pas des recettes magiques non plus… Et rien n’est jamais ni acquis ni facile pour autant!

Mon prochain investissement sera: « Il me cherche » d’Isabelle Filliozat, c’est en quelque sorte la suite de « J’ai tout essayé », puisqu’il concerne les enfants de 6 à 11 ans…

C’est donc ma participation du mois de janvier au club lecture de Clémentine la Mandarine.

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L’été où je suis tombée en amour

L’été où je suis tombée en amour

Grâce à Bladelor (encore une fois!), j’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’émotion L’Eté où je suis devenue jolie. J’ai patiemment attendu la sortie du tome 2, début juin. Mais une fois ce second opus refermé, je n’ai pas pu attendre la traduction française et j’ai aussitôt commandé le troisième et dernier tome. Vous l’avez déjà deviné: c’est une trilogie à lire! Un coup de coeur très fort.

We love you Conrad
Oh yes we do
We love you Conrad
And will be true!
When you’re not near us
We’re blue!
(« Normal American Boy » – Bye Bye Birdie Soundtrack)

Tome 1 – L’Eté où je suis devenue jolie (The summer I turned pretty)
Tome 2 – L’Eté où je t’ai retrouvé (It’s not summer without you)
Tome 3 – We’ll always have summer
Jenny Han

♥ Coup de coeur!

L’histoire en quelques mots
Comme chaque été, Belly, son frère et sa mère passent leurs vacances chez Susannah et ses deux fils, Conrad Jeremiah. Pourtant, cet été sera différent: Belly va fêter ses 16 ans et… Belly est devenue une belle jeune fille.
Une fille et son grand frère d’un côté, deux frères de l’autre. Deux mères amies de toujours. Une belle maison sur la plage. L’histoire est lancée.

Trois bonnes raisons de lire la trilogie
 ♥ Certes le canevas de l’histoire est usé et usité (mais on aime ça!): une fille et deux frères (l’un sombre et taciturne, l’autre affable et drôle), on devine d’avance le trio amoureux qui se jouera. Mais elle est racontée avec tant de simplicité, d’évidence. Les personnages sont si touchants, si… humains! Et, tout n’est pas si simple: l’amour a ses raisons, n’est-ce pas… Les personnages jouissent d’un charisme certain, lié sans doute au choix narratif de l’auteur: si l’on suit essentiellement l’histoire à travers le regard de Belly, certains chapitres sont narrés par les frères, si bien qu’au fil des tomes, on apprend à connaître intimement chacun des personnages. Tous inspirent de l’empathie. Difficile de blâmer l’un ou l’autre, difficile de prendre parti… mais Bérénice doit faire son choix!
 ♥ De l’adolescence à l’âge adulte, les personnages grandissent et sont confrontés à la douleur, à la mort mais découvrent aussi des joies et l’amour. Ils partagent alors simplement leurs émotions, leurs doutes, leurs choix, leurs pensées et leurs secrets. Seul bémol: la situation des personnages au troisième tome peut manquer un peu de crédibilité mais sert la fin du tome. Qui dit trio dit effectivement un choix à faire et à accepter. Récit d’apprentissage, cette trilogie se dévore avidemment.
 ♥ Si les adolescents (puis jeunes adultes) ont la part belle, les « grands » aussi ont leur histoire. D’un tome à l’autre, on découvre les mères et derrière, les femmes. Confrontées aux adolescents, elles jouent leur rôle mais cette jeunesse rappelle aussi la leur, leurs jeunes amours, les amitiés. C’est aussi une façon d’aborder le divorce, la maladie, les mariages malheureux, etc. du point de vue adulte et du point de vue adolescent. Evidemment, c’est un vivier d’émotions, du rire aux larmes.

En bref: une histoire simple mais si humaine, si forte… le genre de livre qu’on a peur de refermer parce qu’on ne veut pas qu’il se termine…

There are moments in every girl’s life that are bigger than we know at the time. When you look back, you say, That was one of those life-changing, fork-in-the-road moments and I didn’t even seen it coming. I had no idea. And then there are the moments that you know are big. That whatever you do next, there will be an impact. Your life could go in one of two directions. Do or die.
This was one of those moments. Big. They didn’t get much bigger than this.

D’autres avis chez Babelio: tome 1, tome 2, tome 3.

Azilis, héroïne aveugle?

Azilis, héroïne aveugle?

Depuis quelques mois, la blogosphère connaît la déferlante Azilis. Inutile de résister, cette héroïne a des charmes aveuglants… Voilà longtemps, très longtemps que je souhaitais lire cette série. A l’époque, elle était encore peu répandue et c’est chez Bladelor que je l’ai découverte. Et c’est à cette même Bladelor que je dois mon plaisir littéraire du moment! Un grand merci pour ce cadeau!

Elle n’était pas folle, non. Mais c’était peut-être pire.

Azilis
Tome 1 – L’épée de la liberté
Valérie Guinot

Ed. Rageot, 2007

L’histoire, en quelques mots
Juin 477, en Gaule, à la frontière de l’Armorique. Jeune fille intrépide et rebelle, Azilis s’épanouit dans les chevauchées à brides abattues dans la campagne et les forêts, dans l’étude des plantes et de la médecine, dans les lectures littéraires et les récits de voyage. Azilis comble son père mais fait enrager son demi-frère aîné, Marcus. A la mort du patriarche, Marcus devient le maître du domaine et entend bien y faire régner l’ordre (et la richesse). C’est ainsi qu’il promet Azilis en mariage à l’un de ses amis. Mais la jeune fille n’entend pas mener une vie d’épouse soumise. Et avec l’aide de Kian, un esclave guerrier qui lui est entièrement dévoué, elle s’enfuit. L’aventure s’offre à eux…

Trois bonnes raisons de lire le premier tome d’Azilis:
Une série jeunesse de qualité. Depuis quelques années, les séries jeunesse ont le vent en poupe, mais, si l’on y prête attention, peu sortent finalement du lot. Azilis devrait faire partie des « exceptions ». Non seulement, c’est une série bien écrite: un style fluide, un vocabulaire juste et varié (ce n’est pas si fréquent!), mais c’est aussi une série intéressante et instructive. Le lecteur est immergé dans le Passé, au cœur de l’Empire Romain, en plein déclin: il vit le quotidien d’une villa et observe son architecture tout comme son organisation, il découvre les relations maître/esclave ou familiales… Enfin, la fuite d’Azilis ouvre les perspectives: le lecteur quitte la maison pour entrevoir les conflits politiques, la misère urbaine, les abus de pouvoirs. Ainsi, vie privée et société sont illustrées dans ce roman, sans jamais ennuyer le lecteur, comme un cours d’Histoire romancé…
Des personnages très attachants. Comment ne pas en dire trop? Promis à un destin extraordinaire, l’héroïne n’en est pas moins ordinaire face aux émois du cœur. Au cours de ses aventures, elle se laisse dominer par ses passions mais apprend aussi à les écouter. En cela, Azilis plaît! Elle se démarque de nombreuses héroïnes superficielles, sans « saveur », sans relief. De même pour ses compagnons d’infortune, pris dans les filets de l’honneur, du devoir, de l’amitié, de l’amour et de tous les sentiments contradictoires qui en découlent. Gare aux palpitations!
Une histoire attrayante. Le déclin de l’Empire romain et la Bretagne, la science des plantes, une jeune fille rebelle… Les légendes celtiques, les conflits religieux (monothéisme contre polythéisme) et scientifiques guettent ce récit et s’immiscent au cœur du récit, ébranlent les certitudes de certains, enthousiasment les autres. L’auteur distille savamment ses ingrédients magiques (une épée exceptionnelle, un maître de guerre du nom d’Arturus… et un étrange barde nommé Myrrdin. Ça ne vous rappelle rien?) et parvient à capter toute l’attention (et le plaisir!) du lecteur. On se doute qu’Azilis se retrouvera à la croisée des légendes arthuriennes…
Evidemment, je suis plongée dans les tomes suivants…

Pour lire les premières pages, cliquez ici.
Pour lire un entretien avec l’auteur, rendez-vous chez Bladelor.

Pour d’autres avis sur ce premier tome: Bladelor, CachouClaireClarabel, Karine 🙂, Leiloona, Pimpi.
Ou les critiques recensées chez Babelio.

Enfin, cette lecture est ma première participation au Challenge Moyen Age (même si Azilis ne se situe qu’à l’orée du bas Moyen Age) organisé par Hérisson.
Il me reste donc deux lectures moyenâgeuse pour relever ce défi… (Les tomes 2 et 3 d’Azilis?)

Un zeste d’amour… et du bonheur dans la radio des blogueurs!

Un zeste d’amour… et du bonheur dans la radio des blogueurs!

Voilà longtemps que je n’ai pas participé à la Citation du Jeudi… Il est temps de retrouver les bonnes habitudes!
Pour ce « retour », je n’ai rien trouvé de mieux que ces quelques paroles d’Hubert Félix Thiéfaine. Elles sont tirées de « Fièvre résurrectionnelle« , l’une des chansons de son dernier album Suppléments de mensonge.  Inutile d’ajouter que je vous recommande l’écoute de cet album…

Gustav KLIMT : "La Maternité" (Détail de "Les trois âges de la femme", 1905)
Gustav KLIMT : "La Maternité" (Détail de : "Les trois âges de la femme", 1905)

Cet extrait correspond tout à fait à mon « état » actuel…

« Je t’aime et je t’attends
A l’ombre de mes rêves
Je t’aime et je t’attends
Et le soleil se lève »

« Le jeudi, c’est citation! » est initié par Chiffonnette.

***

Puisqu’on est dans un billet musical, j’en profite pour évoquer ma participation à la radio des blogueurs, dont Leiloona est à l’origine. Pour cette nouvelle playlist, Leiloona nous demande de choisir une chanson « qui a le pouvoir, dès le réveil, de nous faire sourire », qui fait que « la journée commence bien ».
Ce n’est pas le choix qui manque! Spontanément, je citerais entre autres quelques titres comme « Let the sun shine in« , « It’s raining men« , ou dans des registres différents: « La banane« , « Baby one more time » (oui, j’assume), « I gotta feeling« .

Celle que je retiens pour cette session de l’été, ce sera « J’veux du soleil » d’Au P’tit Bonheur.

Katniss Everdeen, l’âge de raison

Katniss Everdeen, l’âge de raison

Après avoir dévoré les deux premiers tomes de Hunger Games, je n’ai pas su résister et j’ai aussitôt acheté le dernier. Je ne pouvais pas attendre qu’un élève me le prête (il aurait fallu attendre la rentrée de septembre!), ni que la bibliothèque investisse (il aurait fallu attendre… plusieurs mois? années?). Je n’ai pas su patienter et j’ai eu bien fait!

Hunger Games
Tome 3: la révolte
Suzanne Collins

Titre orig.: The Hunger Games, Mockingjay
Trad. anglais (Etats-Unis): Guillaume Fournier
Ed. Pocket Jeunesse, 2011

L’histoire en quelques mots – Attention, si vous n’avez pas lu les tomes précédents, ce synopsis risque de vous dévoiler quelques éléments de l’histoire…
En sécurité dans le district Treize, foyer de la rébellion, Katniss renoue peu à peu avec le quotidien: sa famille et son ami Gale l’y aident. Mais cette accalmie est de bien courte durée: en défiant à nouveau le Capitole, gouvernement dictatorial, la jeune fille est devenue malgré elle l’emblème d’une rébellion, dont la dirigeante, Coin, espère bien utiliser l’image. Aussi, Katniss, geai moqueur incontrôlable, découvre les rouages d’une guerre fratricide et sans merci, à laquelle elle va devoir s’adapter pour ne pas perdre les siens à nouveau. Cette guerre sera également celle du cœur puisque la belle ne parvient toujours pas à discerner ses sentiments: l’impétueux Gale ou l’innocent Peeta…

Trois bonnes raisons de lire Hunger Games 3:
Bien évidemment, ce tome résout enfin le dilemme amoureux de Katniss! Cette dernière, après bien des mésaventures, déchiffre enfin les arcanes de ses sentiments. Le chemin fut long et laborieux et au fil des tomes, le lecteur s’impatiente parfois, tant le triangle amoureux est un motif usité, voire usé… traité ici sans originalité… Toujours est-il que Katniss se décide enfin et permet de mettre un point final aux interrogations et autres soupirs du lecteur. (M’autoriserais-je à écrire que je n’approuve pas le choix de Katniss? Quelle déception!) Heureusement, cette trilogie présente d’autres intérêts et pas des moindres.
Outre l’évolution des sentiments, la trilogie met en scène un apprentissage: au cours des tomes, l’héroïne grandit et pas seulement physiquement. Elle sort de son district et découvre le monde tel qu’il est: des réalités qu’elle ne soupçonnait pas et qui la font mûrir jusqu’à atteindre un âge de raison. Hostile aux autorités, individualiste, comme le « veut » son âge et surtout ses conditions de vie, Katniss devient incontrôlable, échappe à ses mentors, se rebelle mais apprend alors, à ses dépens, dans la souffrance, que rien n’est ni tout blanc, ni tout noir. D’impulsive, elle devient réfléchie et laisse enfin sentir son humanité, ses sentiments.
Enfin, le décor contre-utopiste de cette trilogie ne manque pas d’intérêt non plus! Le précédent tome amorçait déjà une réflexion sur la Politique et ses abus de pouvoirs. Ce troisième et dernier tome poursuit sur cette lancée en opposant à la dictature en place une rébellion. Cette dernière gagne le cœur du peuple à l’aide d’un symbole fort: Katniss, la Gavroche du futur. A l’aide de belles paroles aussi et d’opérations « coups de poing ». Mais l’Idéal a-t-il sa place dans la réalité? Les désillusions s’enchaînent et si ces prétendus pourfendeurs de la Tyrannie ne valaient pas mieux en fin de compte? Et si la fin justifiait les moyens? Et si… De fil en aiguille, l’auteur tisse une révolution, sombre et violente, qui ne manquera pas d’ouvrir de nombreuses réflexions.

Une trilogie qui se lit sans faim!

A noter que le casting de l’adaptation cinématographique est enfin connu. (Gale excepté, j’ai du mal à « reconnaître » Katniss et Peeta, tant l’image que je m’en suis faite diffère. Mais les maquilleurs préparateurs ne sont pas encore passés par là.)