Azilis, héroïne aveugle?

Azilis, héroïne aveugle?

Depuis quelques mois, la blogosphère connaît la déferlante Azilis. Inutile de résister, cette héroïne a des charmes aveuglants… Voilà longtemps, très longtemps que je souhaitais lire cette série. A l’époque, elle était encore peu répandue et c’est chez Bladelor que je l’ai découverte. Et c’est à cette même Bladelor que je dois mon plaisir littéraire du moment! Un grand merci pour ce cadeau!

Elle n’était pas folle, non. Mais c’était peut-être pire.

Azilis
Tome 1 – L’épée de la liberté
Valérie Guinot

Ed. Rageot, 2007

L’histoire, en quelques mots
Juin 477, en Gaule, à la frontière de l’Armorique. Jeune fille intrépide et rebelle, Azilis s’épanouit dans les chevauchées à brides abattues dans la campagne et les forêts, dans l’étude des plantes et de la médecine, dans les lectures littéraires et les récits de voyage. Azilis comble son père mais fait enrager son demi-frère aîné, Marcus. A la mort du patriarche, Marcus devient le maître du domaine et entend bien y faire régner l’ordre (et la richesse). C’est ainsi qu’il promet Azilis en mariage à l’un de ses amis. Mais la jeune fille n’entend pas mener une vie d’épouse soumise. Et avec l’aide de Kian, un esclave guerrier qui lui est entièrement dévoué, elle s’enfuit. L’aventure s’offre à eux…

Trois bonnes raisons de lire le premier tome d’Azilis:
Une série jeunesse de qualité. Depuis quelques années, les séries jeunesse ont le vent en poupe, mais, si l’on y prête attention, peu sortent finalement du lot. Azilis devrait faire partie des « exceptions ». Non seulement, c’est une série bien écrite: un style fluide, un vocabulaire juste et varié (ce n’est pas si fréquent!), mais c’est aussi une série intéressante et instructive. Le lecteur est immergé dans le Passé, au cœur de l’Empire Romain, en plein déclin: il vit le quotidien d’une villa et observe son architecture tout comme son organisation, il découvre les relations maître/esclave ou familiales… Enfin, la fuite d’Azilis ouvre les perspectives: le lecteur quitte la maison pour entrevoir les conflits politiques, la misère urbaine, les abus de pouvoirs. Ainsi, vie privée et société sont illustrées dans ce roman, sans jamais ennuyer le lecteur, comme un cours d’Histoire romancé…
Des personnages très attachants. Comment ne pas en dire trop? Promis à un destin extraordinaire, l’héroïne n’en est pas moins ordinaire face aux émois du cœur. Au cours de ses aventures, elle se laisse dominer par ses passions mais apprend aussi à les écouter. En cela, Azilis plaît! Elle se démarque de nombreuses héroïnes superficielles, sans « saveur », sans relief. De même pour ses compagnons d’infortune, pris dans les filets de l’honneur, du devoir, de l’amitié, de l’amour et de tous les sentiments contradictoires qui en découlent. Gare aux palpitations!
Une histoire attrayante. Le déclin de l’Empire romain et la Bretagne, la science des plantes, une jeune fille rebelle… Les légendes celtiques, les conflits religieux (monothéisme contre polythéisme) et scientifiques guettent ce récit et s’immiscent au cœur du récit, ébranlent les certitudes de certains, enthousiasment les autres. L’auteur distille savamment ses ingrédients magiques (une épée exceptionnelle, un maître de guerre du nom d’Arturus… et un étrange barde nommé Myrrdin. Ça ne vous rappelle rien?) et parvient à capter toute l’attention (et le plaisir!) du lecteur. On se doute qu’Azilis se retrouvera à la croisée des légendes arthuriennes…
Evidemment, je suis plongée dans les tomes suivants…

Pour lire les premières pages, cliquez ici.
Pour lire un entretien avec l’auteur, rendez-vous chez Bladelor.

Pour d’autres avis sur ce premier tome: Bladelor, CachouClaireClarabel, Karine 🙂, Leiloona, Pimpi.
Ou les critiques recensées chez Babelio.

Enfin, cette lecture est ma première participation au Challenge Moyen Age (même si Azilis ne se situe qu’à l’orée du bas Moyen Age) organisé par Hérisson.
Il me reste donc deux lectures moyenâgeuse pour relever ce défi… (Les tomes 2 et 3 d’Azilis?)

Katniss Everdeen, l’âge de raison

Katniss Everdeen, l’âge de raison

Après avoir dévoré les deux premiers tomes de Hunger Games, je n’ai pas su résister et j’ai aussitôt acheté le dernier. Je ne pouvais pas attendre qu’un élève me le prête (il aurait fallu attendre la rentrée de septembre!), ni que la bibliothèque investisse (il aurait fallu attendre… plusieurs mois? années?). Je n’ai pas su patienter et j’ai eu bien fait!

Hunger Games
Tome 3: la révolte
Suzanne Collins

Titre orig.: The Hunger Games, Mockingjay
Trad. anglais (Etats-Unis): Guillaume Fournier
Ed. Pocket Jeunesse, 2011

L’histoire en quelques mots – Attention, si vous n’avez pas lu les tomes précédents, ce synopsis risque de vous dévoiler quelques éléments de l’histoire…
En sécurité dans le district Treize, foyer de la rébellion, Katniss renoue peu à peu avec le quotidien: sa famille et son ami Gale l’y aident. Mais cette accalmie est de bien courte durée: en défiant à nouveau le Capitole, gouvernement dictatorial, la jeune fille est devenue malgré elle l’emblème d’une rébellion, dont la dirigeante, Coin, espère bien utiliser l’image. Aussi, Katniss, geai moqueur incontrôlable, découvre les rouages d’une guerre fratricide et sans merci, à laquelle elle va devoir s’adapter pour ne pas perdre les siens à nouveau. Cette guerre sera également celle du cœur puisque la belle ne parvient toujours pas à discerner ses sentiments: l’impétueux Gale ou l’innocent Peeta…

Trois bonnes raisons de lire Hunger Games 3:
Bien évidemment, ce tome résout enfin le dilemme amoureux de Katniss! Cette dernière, après bien des mésaventures, déchiffre enfin les arcanes de ses sentiments. Le chemin fut long et laborieux et au fil des tomes, le lecteur s’impatiente parfois, tant le triangle amoureux est un motif usité, voire usé… traité ici sans originalité… Toujours est-il que Katniss se décide enfin et permet de mettre un point final aux interrogations et autres soupirs du lecteur. (M’autoriserais-je à écrire que je n’approuve pas le choix de Katniss? Quelle déception!) Heureusement, cette trilogie présente d’autres intérêts et pas des moindres.
Outre l’évolution des sentiments, la trilogie met en scène un apprentissage: au cours des tomes, l’héroïne grandit et pas seulement physiquement. Elle sort de son district et découvre le monde tel qu’il est: des réalités qu’elle ne soupçonnait pas et qui la font mûrir jusqu’à atteindre un âge de raison. Hostile aux autorités, individualiste, comme le « veut » son âge et surtout ses conditions de vie, Katniss devient incontrôlable, échappe à ses mentors, se rebelle mais apprend alors, à ses dépens, dans la souffrance, que rien n’est ni tout blanc, ni tout noir. D’impulsive, elle devient réfléchie et laisse enfin sentir son humanité, ses sentiments.
Enfin, le décor contre-utopiste de cette trilogie ne manque pas d’intérêt non plus! Le précédent tome amorçait déjà une réflexion sur la Politique et ses abus de pouvoirs. Ce troisième et dernier tome poursuit sur cette lancée en opposant à la dictature en place une rébellion. Cette dernière gagne le cœur du peuple à l’aide d’un symbole fort: Katniss, la Gavroche du futur. A l’aide de belles paroles aussi et d’opérations « coups de poing ». Mais l’Idéal a-t-il sa place dans la réalité? Les désillusions s’enchaînent et si ces prétendus pourfendeurs de la Tyrannie ne valaient pas mieux en fin de compte? Et si la fin justifiait les moyens? Et si… De fil en aiguille, l’auteur tisse une révolution, sombre et violente, qui ne manquera pas d’ouvrir de nombreuses réflexions.

Une trilogie qui se lit sans faim!

A noter que le casting de l’adaptation cinématographique est enfin connu. (Gale excepté, j’ai du mal à « reconnaître » Katniss et Peeta, tant l’image que je m’en suis faite diffère. Mais les maquilleurs préparateurs ne sont pas encore passés par là.)

A propos des femmes… – Partie 4

A propos des femmes… – Partie 4

Aujourd’hui, la citation du Jeudi reste au Moyen Age… Pour relire le contexte (brièvement), c’est par là.

La semaine dernière, j’ai cité des œuvres didactiques ou des essais. Cette fois-ci, je cite une œuvre médiévale majeure: Le Roman de Renart. Pour une lecture plus facile, je vais prendre appui sur la traduction de Paulin Paris, revue par Marie-Hélène Robinot-Bichet.

Renart, le rusé goupil, cherche sans cesse querelle aux barons du Roi Noble. L’un d’eux, le loup Ysengrin, porte plainte contre le renard: ce dernier aurait violé sa femme, Hersent, et insulté ses fils. Dès lors, une guerre s’engage entre les barons bafoués et humiliés et le félon et non moins sympathique Renart. Lors d’un combat qui oppose les ennemis jurés, Renart se laisse aller à quelques confidences…


Vous m’avez cherché querelle à propos de Dame Hersent: quelle folie de vous être soucié de si peu de choses, et comment peut-on avoir confiance dans une femme! Il n’en est pas une qui le mérite; c’est par elles qu’arrivent toutes les querelles, par elles la haine entre les parents et les amis; c’est par elles que les vieux compères en viennent aux mains; elles sont la source de tous les désordres.
(Branche VI)

 

 

« Le jeudi, c’est citation! » est initié par Chiffonnette.

Juke books de l'été – Spécial Jeunesse

Juke books de l'été – Spécial Jeunesse

Je lis beaucoup de littérature jeunesse, de plus en plus. Et ce n’est pas seulement pour le boulot, c’est aussi et surtout parce que j’y prends un grand plaisir. Loin de se réduire aux Martine et autres Jean-Lou, Alice ou le Club des cinq, la littérature jeunesse est foisonnante et on y trouve de tout, comme chez les Grands, du bien, du très bien et du moins bien.
Il y a quelques temps, Theoma avait blâmé tout un pan de la littérature jeunesse qui conditionne et perpétue les clichés: le rose et la dînette pour les filles, les petites voitures et le bleu pour les garçons. (Je schématise, quoique.) Comme elle, je ne saurai que trop vous recommander les livres « sponsorisés » Lab-elle, association qui a pour vocation, je cite, de « mettre en évidence les livres qui ouvrent les horizons des filles et des garçons », qui sont « attentifs aux potentiels féminins ».

Parenthèse fermée…
Passons à deux lectures jeunesse de mon été.

Idhun

Tome 1 – La Résistance

Laura Gallego García

Titre orig.: Memorias de Idhùn, La Resistencia
Trad. de l’espagnol: Marie-José Lamorlette
Ed. Bayard Jeunesse, 2010

Présentation de l’éditeur
Trois mondes parallèles où deux adolescents, des guerriers et des magiciens sont transportés de l’imaginaire à la réalité par la mystérieuse porte de Limbhad. Un guerrier et un magicien, exilés de cette planète, organisent la Résistance. Leur objectif : renverser Ashran, actuellement au pouvoir et qui a envoyé sur Terre Kirtash, mi-homme mi-serpent, en lui donnant pour mission de tuer les deux adolescents. Sauvés par la Résistance, ils découvriront qu’un lien mystérieux les unit au monde d’Idhun…

Trois bonnes raisons de lire Idhun:
Bien que l’intrigue repose sur un canevas des plus classiques, à commencer par le triangle amoureux et le monde manichéen, bien que tout soit prévisible… Idhun fait passer un bon moment, une détente assurée. L’histoire est racontée simplement, dans un style fluide, et au bout de quelques pages, on commence à se plaire dans ce monde de Magie. Actions et rebondissements font qu’on finit même par ne plus lâcher le livre
Le roman est construit autour des trois adolescents: les deux « gentils » et le « méchant ». On passe du point de vue de l’un à l’autre et ainsi de suite. Cela permet non seulement de ménager le suspense (prévisible), mais aussi d’accéder aux pensées des personnages et à leurs émotions… Et c’est là que ça devient intéressant: les amours et les dilemmes adolescents, les premiers émois… qui sont assez justement retranscrits, sans pour autant être « profonds ».
Kirtash, horriblement rebaptisé Christian en cours d’histoire, est à lui seul une raison de lire Idhun. Voilà un personnage intéressant! Déchiré entre les obligations familiales et l’Amouuuur, à la fois Noir et Blanc… Un beau Gris, en fait. J’aime bien Kirtash, même s’il n’a pas encore l’étoffe d’un Grand, il en a le potentiel. La suite nous le dira. De même, Jack, volcan en fusion, irruption imminente, promet d’être un personnage fort, très fort…
Mention spéciale à Alsan, personnage secondaire, tout autant étrange que noble.

La suite nous dira si ces promesses sont tenues… Et j’espère dévorer les autres tomes de cette trilogie tout autant que le premier!
J’en profite pour remercier les éditions Bayard Jeunesse qui m’ont fait parvenir une édition numérotée et spéciale de ce roman. Merci!
Vous trouverez d’autres avis sur ce livre par ici.

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Treize Raisons

Jay Asher

Titre orig.: Thirteen Reasons why
Trad. anglais (américain): Nathalie Peronny
Ed. Albin Michel, Coll. Wiz, 2010


Présentation de l’éditeur
« Je sais que tu n’avais pas l’intention de me blesser. En fait, la plupart d’entre vous qui m’écoutez n’avez sans doute pas la moindre idée de ce que vous faisiez… de ce que vous me faisiez, à moi. »
Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Treize Trois bonnes raisons de lire Treize raisons:
L’intrigue même veut que l’on « accroche » à ce récit: écouter les cassettes d’une disparue, comprendre pourquoi elle a mis fin à ses jours… Voilà qui est tentant! Construction originale et propice au suspense: à chaque nouvelle face, on se demande si ce sera « le tour de » Clay… Et qu’a pu faire Clay à la pauvre Anna? Quel est son crime? A se demander si ce roman ne fait pas appel au côté « spectateur voyeur », malsain de tout un chacun.
On assiste à l’Angoisse de Clay, à ses doutes… à sa panique, à sa colère. C’est un roman du Deuil: il permet d’appréhender les différentes étapes de l’acceptation, en quelque sorte. Et les sentiments, forts, ressentis par les personnages sont décrits avec justesse, à tel point que les personnages principaux inspirent la compassion et la sympathie.
C’est aussi un roman de l’Adolescence: « sick, sad world », « Struggle for life », ou « tchô monde cruel »! Autant de périphrases qui décrivent si réellement ce monde charnière. Treize raisons, treize moments, beaux, tristes, humiliants, violents, doux… Paradis, artificiels ou naturels. Les expériences, l’apprentissage de la vie. Mais tous ces moments peuvent aussi bien être des battements d’aile, vous savez celui du papillon qui déclenche une tornade. Voilà, c’est ce qui arrive Anna. Ce roman montre comment une phrase, un petit mot, peut saccager une personne. Pour autant, ce livre changera-t-il les comportements? Non. Malgré son « slogan » de couverture (« Elle est morte. Pour treize raisons. Tu es l’une d’elle. »), je doute qu’un Adolescent se transforme en bisounours. Cela dit, ce qui est valable pour l’ado l’est aussi pour l’adulte… On ne fait pas suffisamment attention au poids des mots et à leurs représentations…

En bref, c’est une belle mais tragique histoire, qui plonge le lecteur dans les affres de l’adolescence et de la mort. Une lecture sensible, prenante.
Malgré toutes ses qualités, ce roman m’a laissée sur ma faim. Eh oui, je m’interroge: comment une fille qui a le courage de remonter ses souvenirs, de faire une bonne et dense introspection, qui a le cran d’enregistrer ça sur cassette et d’en faire un instrument de chantage, comment une telle fille peut-elle capituler aussi rapidement et lâchement se suicider?

L'Afrique du Sud sur le devant de la scène…

L'Afrique du Sud sur le devant de la scène…

A deux jours de la Coupe du Monde, comment ne pas parler de l’Afrique du Sud?
On entend toutes sortes de choses sur ce lointain pays, des vérités sans doute mais aussi beaucoup de mensonges fondés sur les peurs ou les clichés, des affabulations, etc. Quant aux médias, n’en parlons pas. Ce billet n’a pas pour objet de lancer des polémiques alors passons…
Finalement, le meilleur moyen de se faire une idée juste, c’est de voyager. Et il n’est pas toujours nécessaire de dégainer la mastercard! S’immerger dans une culture peut donner un juste aperçu, donner le pouls d’un pays. Croiser les regards, écouter, voir et sentir. C’est presque une expérience synesthésique.

Voilà quelques années, j’ai plongé dans la littérature sud-africaine. J’ai commencé sa découverte par les « Grands », labellisés ou pas. Voici quelques titres à découvrir, ou à relire:

Nadine Gordimer

– Fille de Burger – Ce roman met en scène un père et sa fille, deux générations en conflit, deux militants à l’opposé. L’intime et le public se côtoient également: de la filiation à la Politique et la prison, sans oublier la place des femmes, les âmes sont mises à nu.
– L’Ecriture et l’existence – Il s’agit ici d’un recueil de textes et de conférences. Très intéressants pour qui s’interroge sur les raisons d’écrire, le besoin d’écrire, le lien entre la plume et la vie… Chez Gordimer, l’écriture se lie à la question de l’identité: Blancs et Noirs, Apartheid…
En 1991, Gordimer reçoit le Prix Nobel de Littérature pour son œuvre: « il appartient à tous les Africains » dira-t-elle. Elle veut croire à un peuple uni…

John Maxwell Coetzee

– En attendant les babares – Dans cette fiction, Coetzee met en scène une société colonisée, dirigée par un Etat totalitaire, sécuritaire… Menaces, révoltes… L’orage n’est pas loin. Clairement (mais sans jamais le nommer), Coetzee dénonce les travers, les abus, les tortures du Colonialisme.
– Scènes de la vie d’un jeune garçon – Récit autobiographique, Coetzee dévoile son enfance: un père afrikaaner qu’il n’aime pas, une mère anglaise qu’il adore, le racisme, le sadisme aussi, l’esclavage… Le garçon se retrouve pris en étau entre deux cultures, deux mondes. La voie qu’il veut tracer, celle qu’il devrait suivre… Comment trouver sa place?
– Disgrâce – Un enseignant poursuivi pour attouchements sur une élève rejoint sa fille dans les campagnes du pays. Relation père/fille complexes… Relation Blancs/Noirs complexes également… Un Blanc né en Afrique du Sud, descendant des Boer, doit-il avoir honte de ses origines? Peut-il légitimement se sentir Sud-africain? Peut-il se réclamer Patriote? Derrière la question de la filiation (père/fille) se pose le problème de l’identité et de l’Autre.
Coetzee a lui aussi reçu le Prix Nobel de Littérature pour son oeuvre.

André Brink

– Une Saison blanche et sèche – Ce roman illustre la prise de conscience: un homme découvre les injustices, les violences, les abus qui sévissent et salissent son pays. Roman de Violence, mais aussi d’Humanité. Qui laisse un goût amer…
Si vous ne devez lire qu’un lire, lisez celui-là.

Après les « poids lourds », les petits nouveaux:

– Kgebetli Moele, Chambre 207 – Je ne peux pas en dire grand chose pour l’instant… Il est sur ma PAL et fait partie de mes lectures imminentes!
Voici ce qu’en dit l’éditeur Yago: « Chambre 207 offre le portrait sans concession d’une jeunesse qui se raccroche à ses espoirs malgré les difficultés dans lesquelles elle se débat. »

– Niq Mhlongo, After tears – Idem… Il est sur ma PAL et fait partie de mes lectures imminentes!
Voici ce qu’en dit l’éditeur Yago: « Sur fond de musique kwaito jaillissant des enceintes de BMW qui sillonnent les rues du township, Niq Mhlongo peint par petites touches une génération en proie à de nouvelles problématiques. Après les larmes de l’apartheid vient le temps du renouveau politique et social, mais aussi de la déception et des rêves brisés. L’échec de Bafana fait écho à ce processus lent et douloureux. »

A propos de musique Kwaito, je ne peux que vous recommander l’excellent album de Tsotsi. Malheureusement, il n’est plus en écoute sur Dee***.

Cet album constitue la bande originale du non moins excellent film éponyme: Tsotsi, de Gavin Hood. J’ai écrit un billet sur ce film, il est là.

Vous l’aurez sans doute remarqué, la littérature (et la culture en général?) est ici intrinsèquement liée à la Politique, à la Société et aux maux qui la rongent…